Fernando Pessoa – Autopsychographie (1931)
Le poète est un simulateur,
Il simule si totalement qu’il arrive
À simuler comme une douleur
La douleur qu’il ressent vraiment.
Ceux qui lisent ce qu’il écrit
Sentent sous la douleur qu’ils ont lue,
Non pas les deux que lui a ressenties
Mais celle qu’eux ne ressentent pas.
Ainsi sur les rails tourne
En rond, pour occuper la raison,
Ce petit train mécanique
Qu’on appelle le coeur.
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