Rainer Maria Rilke – Poème (1905)

Rainer Maria RilkeTu vois, je veux beaucoup. Peut-être tout:
L’obscurité des chutes infinies
Et le jeu scintillant de toute remontée.

Il en est tant qui vivent et ne veulent rien
Et qui se sentent anoblis
Par les sentiments lisses
De leurs repas légers.

Mais toi, tu aimes tout visage
Qui sert et qui a soif.

Tu aimes tous ceux qui se servent
De toi ainsi que d’un outil.
Tu n’es pas encor froid et il n’est pas trop tard
Pour plonger dans le devenir
De ton gouffre où paisible la vie se révèle.

***

Rainer Maria Rilke (1875-1926)Le Livre des heures (1905)

~ par schabrieres le octobre 6, 2009.

2 Réponses to “Rainer Maria Rilke – Poème (1905)”

  1. Bonjour;
    Est ce qu’il y a une version en anglais de ce poeme? Merci,

    Shane
    shanevbradley@gmail.com

  2. Voici une version anglaise de ce poème:

    You see, I want a lot.
    Perhaps I want everything:
    the darkness that comes with every infinite fall
    and the shivering blaze of every step up.

    So many live on and want nothing,
    and are raised to the rank of prince
    by the slippery ease of their light judgments.

    But what truly thrills you is each face
    That works and thirsts.

    And most of all those who need you
    like they need a crowbar or a fork.

    You are not cold yet and it is not too late
    to dive into your increasing depths
    where life calmly gives out its own secret.

    ~ Rainer Maria Rilke, translated by Rosen, Aarons, Bly~

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