Giuseppe Ungaretti – Secret du poète (Segreto del poeta, 1950)
Je n’ai pour amie que la nuit.
Avec elle, toujours je pourrai parcourir
De moment en moment des heures, non pas vides,
Mais un temps que je mesure avec mon cœur
Comme il me plaît, sans jamais m’en distraire.
Ainsi, lorsque je sens,
Encore s’arrachant à l’ombre,
L’espérance immuable
À nouveau débusquer en moi le feu
Et le rendre en silence
À tes gestes de terre
Aimés au point de paraître, lumière,
Immortels.
***
Giuseppe Ungaretti (1888-1970) – La Terre promise (La Terra Promessa, 1950) – Traduction Philippe Jaccottet





![Eigerøy lighthouse III [Explored #4] Eigerøy lighthouse III [Explored #4]](http://static.flickr.com/2879/8805431526_732f27a085_t.jpg)
Le poème est réussi, s’il emporte avec lui un secret. C’est ce que disait – à peu près – Giuseppe Ungaretti lorsqu’on l’interrogeait sur la poésie (je crois qu’il est possible de retrouver ces mots dans les archives de l’INA).