Roberto Juarroz – L’autre qui porte mon nom (El otro que lleva mi nombre, 1965)
L’autre qui porte mon nom
a commencé à me méconnaître.
Il se réveille où je m’endors,
double la conviction que j’ai de mon absence,
occupe ma place comme si l’autre était moi,
me copie dans les vitrines que je n’aime pas,
creuse les cavités que j’élude,
déplace les signes qui nous unissent
et visite sans moi les autres versions de la nuit.
Imitant son exemple,
j’ai commencé à me méconnaître.
Peut-être n’est-il d’autre manière
de commencer à nous connaître.
***
Roberto Juarroz (1925-1995) – Tercera Poesía Vertical (1965)






Poème curieux et approche originale, oblique du "connais toi toi même".
Je me permets de balancer une liane vers mon site car je suppute que ceux qui aimeront ce site trouveront à se repaître sur le site de poésie que j’entretiens, et qui satellise autour des mêmes planètes : http://poesie-et-racbouni.over-blog.com/20-index.html
Sur le thème du double:
Dans la vitrine cette pâle menteuse
Soudain s’est dressé face à moi mon double.
Il m’a dit:
"Je te vois et tu me vois
Et tu vois que je te vois
Et je te vois qui me vois qui te vois…"
Le reste peut être lu sur le site ci-dessus.