Jules Supervielle – Un poète (1934)
Je ne vais pas toujours seul au fond de moi-même
Et j’entraîne avec moi plus d’un être vivant.
Ceux qui seront entrés dans mes froides cavernes
Sont-ils sûrs d’en sortir, même pour un moment?
J’entasse dans ma nuit, comme un vaisseau qui sombre,
Pêle-mêle, les passagers et les marins,
Et j’éteins la lumière aux yeux, dans les cabines,
Je me fais des amis des grandes profondeurs.
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Jules Supervielle (1884-1960) – Les Amis inconnus (1934)






Grand petit texte. Nous sommes tous un Titanic.