Bernard Mazo – Ne pas renoncer… (2009)

•mars 2, 2015 • 1 commentaire

 Bernard MazoNe pas renoncer
lorsque la vie
nous oppresse
nous arrache
à nous-mêmes

Résister
quand bien même
elle nous dépossèderait
de tout ce qui donne un sens
à notre farouche volonté d’exister

***

Bernard Mazo (1939-2012)La cendre des jours (2009)

Michel Baglin – Sillage (2013)

•mars 2, 2015 • Laisser un commentaire

Michel BaglinUne vie, à peine un peu
d’écume dans son sillage,
guère plus de traces
que l’oiseau n’en laisse dans l’air qu’il fend.

Une vie, ce qu’il en reste,
cette traînée d’images
dans les mémoires amies
s’évaporant avec les ans.

Une vie, une voile, un vol,
un grain de lumière
dans les sillons du vent.

***

Michel Baglin (né en 1950)Un présent qui s’absente (2013)

Lucien Noullez – Un enfant seul à la fenêtre… (2006)

•février 28, 2015 • Laisser un commentaire

Lucien NoullezUn enfant seul à la fenêtre
écoute l’oiseau décoiffé.
Plus tard il verra des chevreuils dans la mer grise.
Et qui pourrait empêcher nos espoirs
de se rouler dans des laines profondes ?

***

Lucien Noullez (né à Etterbeek, Belgique en 1957)Un crayon pour des acrobates (2006)

Jim Harrison – Chanson à boire (Drinking Song, 1971)

•février 27, 2015 • 1 commentaire

Jim Harrison - Portrait by Andy AndersonJe veux mourir aux commandes. En ennemi de la civilisation
Je veux marcher à travers les bois, pêcher et boire.

Je sais que je fais l’enfant et ne peux m’en empêcher,
je suis né comme ça et cela me rend heureux de pêcher et boire.

Je suis sorti quand tout était calme et j’ai marché sur le chemin
qui mène à la rivière, la Yellow Dog, où j’ai passé la journée à pêcher et boire.

Après qu’elle m’ait quitté et que j’ai quitté mon boulot et pleuré pendant un an
et que tous mes poèmes étaient morts-nés, j’ai décidé que je ne ferais que pêcher et boire.

Il y aura toujours de l’eau sur terre et le whisky est bon pour le cerveau.
Que suis-je censé de faire d’autre ces jours-ci que de pêcher et boire ?

Dans la rivière il y avait une truite, et je me trouvais sur la rive,
le coeur dans ma poitrine, les nuages au-dessus, elle était à New York pour toujours et moi, je pêchais et buvais.

*

I want to die in the saddle. An enemy of the civilization
I want to walk around in the woods, fish and drink.

I’m going to be a child about it and I can’t help it, I
was born this way and it makes me very happy to fish and drink.

I left when it was still and walked on the path to
the river, the Yellow Dog, where I spent the day fishing and drinking.

After she left me and I quit my job and wept for a year
and all my poems were born dead, I decided I would only fish and drink.

Water will never leave earth and whiskey is good for the brain.
What else am I supposed to do in these last days but fish and drink?

In the river was a trout, and I was on the bank, my
heart in my chest, clouds above, she was in NY forever and I, fishing and drinking.

***

Jim Harrison (né en 1937 à Grayling, Michigan)Lointains et ghâzals (Outlyer and Ghazals, 1971) – Traduit de l’anglais par Stéphane Chabrières

Guy Allix – Murmure (1984)

•février 26, 2015 • 1 commentaire

Guy AllixComme la ville faisait des pas d’angoisse
Je me suis demandé
Quel était ce silence de poing brisé
Qui voltigeait entre les algues des enfants
Toutes ces vérités que l’on garde au secret
Dans des bas de soie

J’ai joint mon pas à la foule
Pour briser l’harmonie des tambours
Et j’ai beau porter des sacs de sang
Pareils à des loups affamés sur mes épaules

Je n’en suis pas crucifié pour autant

***

Guy Allix (né en 1953)Mouvance mes mots (1984)

Pierre Gilman – II faut parfois s’épouvanter (2006)

•février 26, 2015 • Laisser un commentaire

Pierre GilmanII faut parfois s’épouvanter
le dos tourné à la ligne
d’horizon où derrière les
grands arbres arrive tard l’écho
d’un long silence dans le port,
de vagues parties en haute
mer, d’un pêcheur qui scrutait les
épaves, interrogeait la
nuit abattue sur la plage.

***

Pierre Gilman (né à liège, Belgique)Dans la serre poétique (2006)

Bernard Mazo – Les rêves déchirés (1998)

•février 25, 2015 • Laisser un commentaire

Bernard MazoCeux qu’on exile aux confins
qu’ont-ils fait de leur vie
qu’ont-ils fait de leur mémoire
qu’ont-ils fait de l’espoir
qui brûlait dans le trajet de leurs veines ?

Quel désespoir, quelle blessure
les hommes ont-ils inscrit dans leur chair
pour qu’ils se taisent ainsi
et que se taise en eux aussi obscurément
l’écho sans fin de leurs rêves déchirés

***

Bernard Mazo (1939-2012)Dans le froid mortel de l’exil (1998)

 
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