Michel Bourçon – Parmi les heures… (2014)

•février 5, 2016 • Laisser un commentaire

Michel Bourçon - Photo Michel Durigneuxparmi les heures
qui tournent en rond
sans laisser de trace
on essaie de voir
ce que les oiseaux semblent
vouloir extraire du ciel
l’ombre d’un feuillage
sur les pages d’un livre
et on finit par se détacher
du ciel de l’ombre
trop pesant pour aller plus loin
malgré le regard glissant ailleurs
tandis que le jour passant s’attarde
sur les jambes des femmes
trébuche et meurt
au bout de la rue
où les témoins restent là
sans comprendre.

***

Michel Bourçon (né en 1963 à Nevers)Les rues pluvieuses n’iront pas au ciel (2014)

Astrid Waliszek – Mesure

•février 5, 2016 • Laisser un commentaire

Astrid Waliszekil faudrait déjà avoir
envie de vivre
avant de vouloir
mesurer l’espace que
prend la douleur
de la torturante
absence et savoir
quelle est l’exacte
mesure du
temps enfoui
sous les vagues de
terre à modeler
à ton effigie quand
vivre est devenu si
étrange

***

Astrid Waliszek (née en 1957 en Alsace)

Linda Pastan – Ce que nous craignons le plus (What We Fear Most)

•février 4, 2016 • 2 commentaires

Linda PastanNous avons été sauvés une fois de plus
de ce que nous craignons le plus.
Souvenons-nous de ce moment.
Oublions-le si nous le pouvons.
À cet instant précis une sorte de poussière dorée
vient tout recouvrir :
l’arbre à l’extérieur de la fenêtre,
bien que ce ne soit pas l’automne ;
le pot de sucre fendu,
si soigneusement réparé une fois.
Cette lumière n’est pas la rédemption
seulement le limon d’un soleil d’après-midi,
un jour ordinaire,
semblable à aucun autre.

*

We have been saved one more time
from what we fear most.
Let us remember this moment.
Let us forget it if we can.
Just now a kind of golden dust
settles over everything:
the tree outside the window,
hough it is not fall;
the cracked sugar bowl,
so carefully mended once.
This light is not redemption,
just the silt of afternoon sun
on an ordinary day,
unlike any other.

***

Linda Pastan (née à New York en 1932) – Traduit de l’anglais par Raymond Farina

Marcel Hennart – Je ne sais pas si c’est le bonheur…

•février 3, 2016 • 2 commentaires

Marcel HennartJe ne sais pas si c’est le bonheur
je ne sais pas le nom des oiseaux
dont j’écoute le chant,
je sais seulement
l’écho de leur voix
au fond de mon cœur.
En somme, je ne sais rien
et pas même cela
qu’il faudrait que je vous dise.
Mais toute mon âme est emplie
d’un chant ineffable
et le vent, comme une marée qui monte,
laisse en moi le frisson d’éternelles forêts.

***

Marcel Hennart (Dieppe, 1918 – Bruxelles, 2005)

Elis Podnar – Ton regard

•février 2, 2016 • Laisser un commentaire

Elis Podnarton regard s’incline
vers la tristesse
incompréhensible
des chênes

le bonheur passe
à côté de nous,
durci dans la mémoire
des oiseaux et les nuages
du crépuscule

*

your gaze bends
to the incomprehensible
sadness
of the oaks

happiness passes
next to us,
cast in the memory
of birds and the clouds
of dusk

***

Elis Podnar (née en Roumanie en 1973)

Cécile A. Holdban – Des feuilles, des mains…

•février 1, 2016 • Laisser un commentaire

Rodin - CathédraleDes feuilles, des mains
jetées du ciel pour bercer notre entrée dans la nuit
repriser secrètement le soleil,
aimer /
comme seuls les enfants savent.

***

Cécile A. Holdban (née en 1974 à Stuttgart)Poèmes d’après

Anise Koltz – À l’étroit (2011)

•janvier 31, 2016 • Laisser un commentaire

Anise KoltzSouvent je me sens à l’étroit
dans ma peau
L’envie me prend
de m’évader
de faire bondir mes veines
dans ma chair
de quitter cette mémoire
qui ne m’aime plus

***

Anise Koltz (née à Eich, Luxembourg en 1928)Je renaîtrai (2011)

 
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