Edna St. Vincent Millay – Première figure

•juillet 26, 2017 • 3 commentaires

Ma bougie brûle par les deux bouts ;
Elle ne passera pas la nuit ;
Mais ah, mes ennemis, et oh, mes amis —
Elle donne une belle lumière !

*

First Fig

My candle burns at both ends;
It will not last the night;
But ah, my foes, and oh, my friends—
It gives a lovely light!

***

Edna St. Vincent Millay (Rockland, Maine, 1892-Austerlitz, New York, 1950)A Few Figs from Thistles (1920)

Vera Pavlova – Pourquoi le mot OUI est-il si court ?

•juillet 25, 2017 • Laisser un commentaire

Pourquoi le mot OUI est-il si court ?
Il devrait être
plus long que les autres,
plus difficile à prononcer,
de sorte qu’il faudrait du temps
pour y penser vraiment,
pour oser le dire,
au risque de se taire
en son beau milieu.

*

Почему слово ДА так коротко?
Ему бы быть
длиннее всех,
труднее всех,
чтобы не сразу решиться произнести,
чтобы, одумавшись, замолчать
на полуслове.

*

Why is the word YES so brief?
It should be
the longest,
the hardest,
so that you could not decide in an instant to say it,
so that upon reflection you could stop
in the middle of saying it.

***

Vera Pavlova (née le 4 mai 1963 à Moscou)L’animal céleste (L’Escampette, 2004) – Traduit du russe par Jean-Baptiste Para – If There is Something to Desire: One Hundred Poems (Knopf, 2010) – Translated by Steven Seymour

Constantin Cavàfis – Autant que tu le peux

•juillet 24, 2017 • Un commentaire

Si tu ne peux faire ta vie comme tu le veux
Essaye au moins ceci, autant que tu le peux.
Ne l’avilis pas dans une trop grande fréquentation du monde
dans cette agitation, ces bavardages.

Ne l’avilis pas en la menant, en la traînant souvent
et l’exposant à la sottise quotidienne
des relations et des mondanités
au point qu’elle en devienne une étrangère importune.

*

Όσο Mπορείς

Κι αν δεν μπορείς να κάμεις την ζωή σου όπως την θέλεις,
τούτο προσπάθησε τουλάχιστον
όσο μπορείς: μην την εξευτελίζεις
μες στην πολλή συνάφεια του κόσμου,
μες στες πολλές κινήσεις κι ομιλίες.

Μην την εξευτελίζεις πηαίνοντάς την,
γυρίζοντας συχνά κ’ εκθέτοντάς την
στων σχέσεων και των συναναστροφών
την καθημερινήν ανοησία,
ώς που να γίνει σα μια ξένη φορτική.

*

As Much As You Can

And if you cannot make your life as you want it,
at least try this
as much as you can : do not disgrace it
in the crowding contact with the world,
in the many movements and all the talk.

Do not disgrace it by taking it,
dragging it around often and exposing it
to the daily folly
of relationships and associations,
till it becomes like an alien burdensome life.

1913

***

Constantin Cavàfis (1863-1933)Poèmes (Éditions Héros-Limite, 2010) – Traduit du grec par Ange S. Vlachos – C.P. Cavafy – The Complete Poems of Cavafy (Harcourt, Brace & World, Inc., New York, 1961) – Translated by Rae Dalven

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Pierre Jean Jouve – Le désespoir a des ailes

•juillet 21, 2017 • Laisser un commentaire

Le désespoir a des ailes
L’amour a pour aile nacrée
Le désespoir
Les sociétés peuvent changer

*

Despair has wings
Love has Despair
For shimmering wing
Societies can change

***

Pierre Jean Jouve (1887-1976)Oeuvres poétiques – Sueur de sang (NRF, 1935) – Despair Has Wings: Selected Poems (Enitharmon, 2007) – Translated by David Gascoyne

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Emily Dickinson – C’est si triste d’être quelqu’un…

•juillet 20, 2017 • 2 commentaires

C’est si triste d’être quelqu’un !
C’est si public : une grenouille
Criant son nom soir et matin
Au marécage qui l’admire !

*

How dreary – to be – Somebody!
How public – like a Frog –
To tell one’s name – the livelong June –
To an admiring Bog!

***

Emily Dickinson (Amherst, Massachusetts 1830-1886)Les cent plus belles pages (Editions Belfond, 1984) – Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Alain Bosquet

Liu Xia – La force silencieuse

•juillet 19, 2017 • Laisser un commentaire

Vivre avec ces poupées
Me remplit d’une force silencieuse
Quand le monde se ferme de tous côtés
Nous communiquons avec des gestes.

*

Silent Strength

Living with dolls, the power
of silence is omnipresent.
The world opens in four directions,
and we communicate with gestures.

1998

***

Liu Xia (née en 1961 à Pékin, Chine) – Extrait du poème « La force silencieuse » – Empty Chairs: Selected Poems – Translated from the Chinese by Ming Di and Jennifer Stern (2015, Graywolf Press)

Robert Frost – La route que je n’ai pas prise

•juillet 18, 2017 • Laisser un commentaire

Deux routes divergeaient dans un bois jaune ;
Triste de ne pouvoir prendre les prendre toutes deux,
Et de n’être qu’un seul voyageur, j’en suivis
L’une aussi loin que je pus du regard
Jusqu’à sa courbe du sous-bois.

Puis je pris l’autre, qui me parut aussi belle,
Offrant peut-être l’avantage
D’une herbe qu’on pouvait fouler,
Bien qu’en ce lieu, vraiment, l’état en fût le même,
Et que ce matin-là elles fussent pareilles,

Toutes deux sous des feuilles qu’aucun pas
N’avait noircies. Oh, je gardais
Pour une autre fois la première !
Mais comme je savais qu’à la route s’ajoutent
Les routes, je doutais de ne jamais revenir.

Je conterai ceci en soupirant,
D’ici des siècles et des siècles, quelque part :
Deux routes divergeaient dans un bois ;
Quant à moi, j’ai suivi la moins fréquentée
Et c’est cela qui changea tout.

*

The Road Not Taken

Two roads diverged in a yellow wood,
And sorry I could not travel both
And be one traveler, long I stood
And looked down one as far as I could
To where it bent in the undergrowth;

Then took the other, as just as fair,
And having perhaps the better claim
Because it was grassy and wanted wear;
Though as for that the passing there
Had worn them really about the same,

And both that morning equally lay
In leaves no step had trodden black.
Oh, I kept the first for another day!
Yet knowing how way leads on to way,
I doubted if I should ever come back.

I shall be telling this with a sigh
Somewhere ages and ages hence:
Two roads diverged in a wood, and I-
I took the one less traveled by,
And that has made all the difference.

***

Robert Frost (1874-1963)Mountain Interval (1916) – Anthologie de la poésie américaine (Stock, 1956) – Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Alain Bosquet

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