W.B. Yeats – Politique

•août 19, 2017 • Laisser un commentaire

Comment avec cette fille devant moi,
Fixer mon attention
Sur la politique espagnole
Ou russe ou bien romaine ?
Pourtant, voici un voyageur qui sait
De quoi il parle,
Et voilà un politicien
Qui a lu et réfléchi,
Et peut-être ce qu’ils disent est-il vrai
De la guerre et des risques de guerre,
Mais ô si j’étais jeune encore
Et la serrais dans mes bras !

*

How can I, that girl standing there,
My attention fix
On Roman or on Russian
Or on Spanish politics?
Yet here’s a travelled man that knows
What he talks about,
And there’s a politician
That has read and thought,
And maybe what they say is true
Of war and war’s alarms,
But O that I were young again
And held her in my arms!

1939

***

W.B. Yeats (Sandymount, Irlande 1865 – Menton, France 1939)Last Poems (1938-1939) – Dix-sept poèmes (La Délirante, 1973) – Traduit de l’anglais par Fouad El-Etr.

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Pär Lagerkvist – Les yeux de la vie

•août 19, 2017 • Laisser un commentaire

La vie a de si beaux yeux,
des yeux de bête sauvage,
tristes et profonds
qui cependant reflètent l’heure estivale
et le bonheur muet du jour d’été
dans son regard brillant, alerte,
lumineux au fond des bois.

Le chasseur pose son fusil
dans l’herbe fraîche du matin
pour suivre la trace secrète,
pour suivre les yeux sombres et luisants
dans la profondeur des forêts
lumineuse.

Pour boire à la même source,
profonde et claire,
à laquelle elle a bu.

***

Pär Lagerkvist (Växjö, Suède 1891 – Lidingö, Suède 1974)Suède moderne, terre de poésie: anthologie des poètes suédois d’aujourd’hui (Editions Montaigne, 1962) – Traduit du suédois par Frédéric Durand

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Santiago Montobbio – Posthume

•août 18, 2017 • Un commentaire

De tous mes amis
c’est moi qui ai eu la mort la plus étrange

avec mon âme disloquée
j’ai été le silence sur la page.

*

Póstumo

De todos mis amigos
yo tuve la muerte más extraña:

con el alma dislocada
fui silencio por la página.

***

Santiago Montobbio (Barcelone, 1966)Le théologien dissident (Atelier La Feugraie, 2008) – Traduit de l’espagnol par Jean-Luc Breton.

Nìkos Karoùzos – Le poète a un chemin tout tracé

•août 18, 2017 • Laisser un commentaire

Sitôt l’homme né le soleil devient passion
le chemin du poète est un rêve noir souriant
c’est un chemin tout tracé
par endroits des épines
par endroits de beaux tapis
que le malheureux ensanglante.
Et quand le soleil se couche sur les sommets mortels
c’est le début des étoiles. Là, au terme du chemin
une autre mise au monde nous attend.

*

Ο ποιητής έχει ένα βέβαιο δρόμο

Γεννιέται ο άνθρωπος κι ο ήλιος γίνετ’ αμέσως πάθος
ο ποιητής έχει ένα δρόμο σαν όνειρο μαύρο χαμογελαστό
έχει ένα βέβαιο δρόμο
τόπους-τόπους αγκάθια
τόπους-τόπους ωραία χαλιά
π’ ο άτυχος τα ματώνει.
Κι όταν ο ήλιος πέσει στις θνητές κορφές
αρχίζουν τ’ άστρα. Εκεί του δρόμου η τέλεψη
πάλι μια γέννα μάς προσμένει.

***

Nìkos Karoùzos (Nauplie, Grèce, 17 juillet 1926 – Athènes, 28 septembre 1990)La biche des étoiles (1962) – Poèmes dans l’obscurité (Le miel des anges, 2015) – Traduit du grec par Nicolas Pallier

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Jim Harrison – Les gens d’intérieur craignent l’extérieur…

•août 16, 2017 • Laisser un commentaire

Les gens d’intérieur craignent l’extérieur : et vice, et versa.
Je ne suis pourtant jamais dedans ou dehors qu’à moitié,
mieux à l’aise et chez moi dans cette angoisse-là,
sachant tomber plus bénéfique à ma nature.
Fort efficace à la renverse, ou resserré pour tanguer
sous le vent, et imiter la mer dans le parfait équilibre des tourments.

*

Inside people fear the outside; outside, the in.
But then I’m always halfway in or out the door,
most comfortable and at home in this fear,
knowing that falling is best for my nature.
Backward works well, or gathered for the leeward
pitch, imitate the sea in perfect balance in her torment.

***

Jim Harrison (Grayling, Michigan, 11 décembre 1937 – Patagonia, Arizona, 26 mars 2016)After Ikkyu and Other Poems (Shambhala, 1996) – L’Éclipse de lune de Davenport et autres poèmes (La Table Ronde, 2016) – Traduit de l’américain par Jean-Luc Piningre.

Anne Perrier – Tout est consenti…

•août 15, 2017 • Un commentaire

Tout est consenti
Je m’abandonne à l’oubli
Au silence à la nudité minérale du chant
Forêts et champs
Rivières laissez-moi passer…
Le cœur tremblant
Je cherche la beauté
Vêtue de nuit
Qui vous a renversés
D’un cri

***

Anne Perrier (Lausanne, Suisse, 16 juin 1922 – Saxon, Valais, Suisse, 16 janvier 2017)Le petit pré (Payot, 1960)

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Cristovam Pavia – Ne pas fuir…

•août 14, 2017 • Un commentaire

Ne pas fuir. Soutenir le poids de l’heure
Sans des mots qui soient à moi et sans rêves
Faciles et sans autres mensonges.
Dans une autre sorte de mort plus terrible
Être entièrement dépouillé de moi, être
Abandonné aux pieds comme une robe.
Sans se presser traverser l’asphyxie.
Ne pas fléchir. Soutenir le poids de l’heure
Jusqu’à détacher sa chanson intacte.

*

Não fugir. Suster o peso da hora
Sem palavras minhas e sem os sonhos,
Fáceis, e sem as otras falsidades.
Numa espécie de morte mais terrivel
Ser de mim todo despojado, ser
Abandonado aos pés como um vestido.
Sem pressa atravessar a asfixia.
Não vergar. Suster o peso da hora
Até soltar sua canção intacta.

***

Cristovam Pavia (Lisbonne, Portugal, 7 octobre 1933 – Lisbonne, 13 octobre 1968)35 Poemas (1959) – Traduit du portugais par Anne Perrier

 
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