Ewa Lipska – L’effroi

•septembre 30, 2020 • Laisser un commentaire

Il a toujours eu peur
que quelqu’un le cafarde.
Il traînait avec nous dans les bars
les mariages et les enterrements.
La vie lui ouvrait l’appétit.
Il paraît que la Panique avec laquelle
il s’était fiancé depuis peu l’a trahi.
Il aimait bien la compagnie des héros
des fous et des dieux grecs.
Il a vieilli avec nous.
Notre génération. Inquiétude exaltée.
Sur la colline voûtée
il cultive le thym
ingrédient des temps
qui sonnent l’alarme.

***

Ewa Lipska (née en 1945 à Cracovie, Pologne)Pamięć operacyjna (2017) – Mémoire opérationnelle (Lanskine, 2020) – Traduit du polonais par Isabelle Macor.

Vicente Aleixandre – Ils s’aimaient

•septembre 29, 2020 • Laisser un commentaire

Ils s’aimaient.
Ils souffraient, éblouis, lèvres bleuies dans le petit matin,
lèvres qui émergeaient de la nuit dure,
lèvres fendues, le sang, le sang, mais où ?
Ils s’aimaient dans un lit navire, moitié lumière, moitié nuit.

Ils s’aimaient comme les fleurs les épines profondes,
cette gemme amoureuse d’un jaune tout nouveau
quand les visages tournent, mélancoliquement,
tournelunes qui brillent au baiser qui se pose.

Ils s’aimaient dans la nuit lorsque les chiens profonds
palpitent sous la terre, quand les vallées s’étirent
comme des flancs archaïques qui se sentent flattés:
caresse, soie et main, lune qui vient toucher.

Ils s’aimaient d’amour fou dans le petit matin,
entre les dures pierres compactes de la nuit,
dures comme les corps que les heures ont glacés,
dures comme un baiser, rien que dent contre dent.

Ils s’aimaient en plein jour, plage multipliée
la caresse des ondes monte des pieds aux cuisses
et les corps se relèvent de la terre et flottant …
Ils s’aimaient en plein jour, sur la mer, sous le ciel.

Perfection de midi. Ils s’aimaient si intimes,
mer si haute et si jeune, immense intimité,
la vie est solitude, les horizons lointains
soudés comme des corps solitaires et chantants.

Et s’aimant. Ils s’aimaient comme la lune luit,
comme cette mer ronde appliquée au visage,
éclipse douce d’eau, la joue qui s’obscurcit,
où des poissons dorés évoluent sans musique.

Jour, nuit, soleils couchants, petits matins, espaces,
ondes jeunes, anciennes, fugaces, perpétuelles,
mer ou terre, navire, couche, plume, cristal,
métal, musique, lèvre, silence, végétal,
monde, calme, leur forme. Ils s’aimaient, sachez-le.

*

Se querían

Se querían.
Sufrían por la luz, labios azules en la madrugada,
labios saliendo de la noche dura,
labios partidos, sangre, ¿sangre dónde?
Se querían en un lecho navío, mitad noche, mitad luz.

Se querían como las flores a las espinas hondas,
a esa amorosa gema del amarillo nuevo,
cuando los rostros giran melancólicamente,
giralunas que brillan recibiendo aquel beso.

Se querían de noche, cuando los perros hondos
laten bajo la tierra y los valles se estiran
como lomos arcaicos que se sienten repasados:
caricia, seda, mano, luna que llega y toca.

Se querían de amor entre la madrugada,
entre las duras piedras cerradas de la noche,
duras como los cuerpos helados por las horas,
duras como los besos de diente a diente solo.

Se querían de día, playa que va creciendo,
ondas que por los pies acarician los muslos,
cuerpos que se levantan de la tierra y flotando…
Se querían de día, sobre el mar, bajo el cielo.

Mediodía perfecto, se querían tan íntimos,
mar altísimo y joven, intimidad extensa,
soledad de lo vivo, horizontes remotos
ligados como cuerpos en soledad cantando.

Amando. Se querían como la luna lúcida,
como ese mar redondo que se aplica a ese rostro,
dulce eclipse de agua, mejilla oscurecida,
donde los peces rojos van y vienen sin música.

Día, noche, ponientes, madrugadas, espacios,
ondas nuevas, antiguas, fugitivas, perpetuas,
mar o tierra, navío, lecho, pluma, cristal,
metal, música, labio, silencio, vegetal,
mundo, quietud, su forma. Se querían, sabedlo.

***

Vicente Aleixandre (1898-1984)La destrucción o el amor (La destruction ou l’amour, 1935) – Traduit de l’espagnol par le Centre de recherche sur l’Espagne contemporaine (CREC)

Régis Duffour – Elle venait d’avoir vingt ans…

•septembre 28, 2020 • Laisser un commentaire

Elle venait d’avoir vingt ans
Juliane foudroyée
Par une méningite.
Au crématorium
Pas loin de 300 personnes
Et une atmosphère de deuil,
De tristesse et de stupeur
Palpable
A son âge j’envisageais
Mes funérailles avec
si je peux dire
Un brin d’optimisme
Je dénombrais pas moins de
200 personnes susceptibles
De s’y rendre
La famille au grand complet et
Les amis
Oraison funèbre en tous points
élogieuse
Des larmes et des chuchotements
laudatifs
Ah quel beau caractère ce jeune défunt avait-il!
Lacrimosa – Requiem de Mozart
Ton Koopman à la direction
De l’orchestre philharmonique d’Amsterdam!
Journée de recueillement clôturée
Par une salve de verres de vin
Enquillées en mon honneur!
Ce n’est pas qu’il me tardait d’y passer
Mais l’idée d’une journée pareille
Que j’imaginais ensoleillée
Et qui m’était entièrement consacrée
Ne m’était pas désagréable

A présent mes pronostics
Les plus optimistes
me laissent envisager
Un enterrement drôlement pénible!
Toute une vie est passée
Et ma réputation faite
Il n’y aura pas foule
Derrière le corbillard!
Allez 30 personnes?
Et pas de compliments unanimes
D’évanouissements
Et de veuve éplorée.
Une journée de corvée
Une journée de pesanteur
pluvieuse
Sans grâce
et sans musique
Peut-être quelques
larmes timides
Et à ce jour très hypothétiques
Contiendront-elles, la mine réjouie
De ceux qui penseront
« il est enfin clamsé le vieux cochon! »
Ce qui restera de moi
Y sera indifférent
Ce qui restera de moi
Sera froid, inanimé
les couilles ratatinées
Et sapé comme un prince
Ça oui!
Je me demande quand même
Quelle aura été ma dernière femme ?
Mon dernier film?
Mon dernier livre?
Mon dernier verre ?
Et que mes derniers mots soient
Aussi ironiques et dignes que
« quelle blague!
Je n’ai même pas eu le temps
De beaucoup m’amuser! »!

Tout à l’heure pourtant
Ça fera comme la mort
La feuille blanche
Entêtante
Et inexorablement vierge
Les raillements du merle
L’âme fendue et le corps
Traversé par la rumeur sourde
des inquisiteurs,
Foudroyé et figé même.
Ça fera comme la mort
Cet effondrement sur
La page blanche
Indéfiniment maculée
Du verbe de génies
Que j’ai plagié et contrefait.
Morts assurément eux
Et « travaillés par le ver »
Mais quand même…
Ils ont bien eu droit à
leur clause de postérité cosignée
Par le diable
Ou par des Dieux
Injustes.

Alors c’est bien à moitié vivre
Que d’être mort d’avance
Le coeur battant
Bien inutilement
Sur des chefs d’oeuvres
Inimitables
Pour de beaux visages de femmes
Indifférentes
Et la justice
Qui n’est que le voeu pieu
De quelques esprits décents
Qui bat dans la poitrine
De quelques coeurs naissants
Foutaises! Tout ça fait déjà
comme la mort

Pour un homme
De mon âge et de ma condition
Et sans cynisme aucun
La vie est
Une dérisoire pagode d’argile
Balayée par les vents
On a pris l’habitude de vivre
Même à moitié
Et parfois mieux que ça
d’ailleurs, demain, au moins, à l’aube
J’arracherai
La promesse
D’une éternité diurne
Entre les cuisses de Linda

***

Régis Duffour (né en 1968 à Aureilhan)

Nicolas Bouvier – Leçon de choses

•septembre 27, 2020 • Laisser un commentaire

La nuit bouge
elle bat des ailes au fond du pré
dans le vert qui vire
une corneille brille comme anthracite
Encore une goutte de lumière
pour chaque noix aux noyers
pour le chapeau clair des coprins
éclos dans la nuit
leur invraisemblable candeur
contre tout ce noir qui se prend
et tire à lui les couleurs

Bascule de l’ombre
Instant fragile, menace de cet automne
où nous pourrions bien quitter sans crier gare
ce logis piteux et mal aimé du corps
le laissant seul à négocier nos redditions
face à l’inexorable gravité de l’existence

Cologny, octobre 1986

***

Nicolas Bouvier (1929-1998)Le Dehors et le Dedans (Zoé, 1998)

Frédéric Jacques Temple – Attention…

•septembre 26, 2020 • Un commentaire

Attention
à ne pas éteindre
en toi
le soleil.

Si tu n’es pas sage
je t’enfermerai
dans le béton
de fausses pyramides
où bat toujours
sous l’imposture
mon cœur d’enfant
sauvage.

***

Frédéric Jacques Temple (1921-2020)Par le sextant du soleil (Bruno Doucey, 2020)

Roberto Juarroz – Chacun s’en va…

•septembre 25, 2020 • Laisser un commentaire

Chacun s’en va comme il peut,
les uns la poitrine entrouverte,
les autres avec une seule main,
les uns la carte d’identité en poche,
les autres dans l’âme,
les uns la lune vissée au sang
et les autres n’ayant ni sang, ni lune, ni souvenirs.

Chacun s’en va même s’il ne peut,
les uns l’amour entre les dents,
les autres en se changeant la peau,
les uns avec la vie et la mort,
les autres avec la mort et la vie,
les uns la main sur l’épaule
et les autres sur l’épaule d’un autre.

Chacun s’en va parce qu’il s’en va,
les uns avec quelqu’un qui les hante,
les autres sans s’être croisés avec personne,
les uns par la porte qui donne ou semble donner sur le chemin,
les autres par une porte dessinée sur le mur ou peut-être dans l’air,
les uns sans avoir commencé à vivre
et les autres sans avoir commencé à vivre.

Mais tous s’en vont les pieds attachés,
les uns par le chemin qu’ils ont fait,
les autres par celui qu’ils n’ont pas fait
et tous par celui qu’ils ne feront jamais.

*

Cada uno se va como puede,
unos con el pecho entreabierto,
otros con una sola mano,
unos con la cédula de identidad en el bolsillo,
otros en el alma,
unos con la luna atornillada en la sangre
y otros sin sangre, ni luna, ni recuerdos.

Cada uno se va aunque no pueda,
unos con el amor entre dientes,
otros cambiándose la piel,
unos con la vida y la muerte,
otros con la muerte y la vida,
unos con la mano en su hombro
y otros en el hombro de otro.

Cada uno se va porque se va,
unos con alguien trasnochado entre las cejas,
otros sin haberse cruzado con nadie,
unos por la puerta que da o parece dar sobre el camino,
otros por una puerta dibujada en la pared o tal vez en el aire,
unos sin haber empezado a vivir
y otros sin haber empezado a vivir.

Pero todos se van con los pies atados,
unos por el camino que hicieron,
otros por el que no hicieron
y todos por el que nunca harán.

***

Roberto Juarroz (1925-1995) Segunda poesía vertical (1963) – Poésie verticale (Fayard, 1989) – Traduit de l’espagnol (Argentine) par Roger Munier.

Al Berto – Fantômes

•septembre 24, 2020 • Laisser un commentaire

On a frappé à la porte
Tu n’as pas ouvert
Tu convoquais à ce moment la blancheur des dés prêts à être lancés
Et le corbeau de Monsieur Poe
Ainsi que la noirceur maléfique des mères de Melville
Et les pas autour du marcheur éthiopien
Et les femmes de la Patagonie qui sont assises en fin de journée au bord d’insondables glaciers.
Tu suivais avec extase le parcours de celui qui achetait des revues, du tabac, des souvenirs,
Et voyait les trains s’enfuir dans la gare de Munich.
Mais la rue dans laquelle je te retrouve et je te perds,
Garçon auquel on a oublié de dire que tu avais encore du papier, bon à être froissé entre les dents.
C’est vrai, on a frappé à la porte mais tu ne pouvais pas ouvrir,
Dans cette maison où seule survit la mémoire trouble des poèmes aimés,
Plus personne, plus rien,
Par-delà le mur de boue et la boîte à chaussure remplie de syllabes précieuses,
Et une petite table avec un albatros empaillé pour surveiller ton âme.
Dans un coin de la pièce, la cigarette continue de brûler,
Au bout des doigts de ton portrait caché,
Derrière le canapé,
Tourné vers le mur,
Comme toi couvert de moisissures, de craintes et d’ennui.

***

Al Berto (1948-1997) – Traduit du portugais par ?

Jules Supervielle – Encore frissonnant…

•septembre 23, 2020 • Un commentaire

Encore frissonnant
Sous la peau des ténèbres,
Tous les matins je dois
Recomposer un homme
Avec tout ce mélange
De mes jours précédents
Et le peu qui me reste
De mes jours à venir.
Me voici tout entier,
Je vais vers la fenêtre.
Lumière de ce jour,
Je viens du fond des temps,
Respecte avec douceur
Mes minutes obscures,
Épargne encore un peu
Ce que j’ai de nocturne,
D’étoile en dedans
Et de prêt à mourir
Sous le soleil montant
Qui ne sait que grandir.

***

Jules Supervielle (1884-1960)La fable du monde (Gallimard, 1938)

Jean-Claude Pirotte – La matinée s’avance à petits pas…

•septembre 22, 2020 • Laisser un commentaire

la matinée s’avance à petits pas et c’est
encore la même besogne de vitrier
ou de raccommodeur de porcelaine
le même ouvrage de plus en plus délicat
auquel il faut se livrer sans délai :
repriser la mémoire étamer l’espérance
restaurer les éclats d’une lucidité qu’ébranle
chaque nuit davantage un vertige sournois
et le merle moqueur de l’ancienne rengaine
n’est de nul secours ni la tourterelle voisine
puisque bâtir sur rien la nouvelle journée
ou plutôt non, la relever des ruines
d’hier afin de décliner les sempiternelles
prémisses de son effondrement, c’est ton lot

***

Jean-Claude Pirotte (1939-2014) – Faubourg (Le Temps qu’il fait, 1996)

Valentin Dolfi – Un grand poète

•septembre 21, 2020 • Laisser un commentaire

Que fais-tu au juste voyons voir dit Mihaela
trois heures de télévision tu t’affaires
dans la bibliothèque trois heures tu lis et voilà
ton temps qui passe quand tu ne peux plus écrire
tu as l’air d’une mite raidie par le froid sur le cadre
de la fenêtre et tu n’es même pas un grand poète
tu as les yeux aqueux et vides tu as encore bu que vais-je
faire de toi que vais-je dire à tes parents
les pauvres ils sont si âgés personne n’en prend soin
dans cet état personne ne leur demande
s’ils ont mangé un bout bientôt ils mourront et toi
si indifférent tu ne vois pas que notre fille
a grandi tu ne vois pas qu’elle porte une mini-jupe aujourd’hui
et voilà comme ta vie s’en va et tu n’es même
pas un grand poète comme Nichita Stănescu

*

Un mare poet

Ce faci tu de fapt hai să vedem zice Mihaela
te uiţi trei ore la televizor îţi faci de
lucru în bibliotecă trei ore citeşti şi uite
cum îţi trece timpul când nu mai poţi să scrii
arăţi ca o molie înţepenită de frig pe rama
ferestrei şi nici măcar nu eşti un mare poet
ai ochii apoşi şi goi iar ai băut ce-o să mă
fac cu tine ce-o să le spun părinţilor tăi
săracii sunt atât de bătrâni nimeni nu are grijă
de ei în situaţia asta nimeni nu-i întreabă
dacă au mâncat ceva mâine-poimâine mor şi tu
eşti atât de indiferent nu vezi că fata noastră
a crescut nu vezi că astăzi poartă minijupă
şi uite cum îţi trece viaţa şi nici măcar
nu eşti un mare poet aşa ca Nichita Stănescu

***

Valentin Dolfi (né en 1961 à Râmnicu Vâlcea, Roumanie)Ma poésie comme biographie (Fotografii de familie) (2017) – Traduit du roumain par Gabrielle Danoux.

 
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de Pierre Vinclair

fragm

secousse sismique travaillant l’épaisseur d’une lentille de cristal, cette fin du monde de poche s’exprimait tout entière dans la syllabe fragm, identique de “diaphragme” à “fragment”, comme une paillette pierreuse qu’on retrouve pareille à elle-même dans des roches de structures diverses mais dont les éléments principaux, de l’une à l’autre, demeurent constants (Michel Leiris)

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