Fanie Vincent – Élégie

•août 25, 2019 • Un commentaire

Je dénude mon chagrin
à la toison des mots tus
au dormoir
des rêves
effeuillés.
La perte
puits
qui résonne
en écho de vide mouillé
la douleur déborde.

L’aube s’étonne
de tant de silence
brindilles d’espoir en étau
cavité en salpêtre
d’attente.

Les songes de rebord de cils
batifolaient en nuit éveillée
ligne brisée
des mots de peine
en couleur délavée.

Le passé court devant
sur la route sans bornes
de l’illusoire tueur d’amour
un peu de toi s’en va
et je me reviens.

***

Fanie Vincent (née à Saint Etienne) – Rallumer les étoiles

Christophe Bregaint – Il y a cette voix…

•août 24, 2019 • Un commentaire

Il y a cette voix
De la résignation
Qui tient lieu de vie
Au plus grand nombre
Qui se déplace

De gris en gris
Sans ombre
Sans écho
Au crépuscule
Des luttes
Sans étincelle
Plus aucun souffle n’existe

Souviens-t-en
Quand
Bousculés
Par l’indifférence
Les mots voudront
Baisser la tête

Où que la nuit se fige
Ne cède jamais au silence
C’est un acte de survie

***

Christophe Bregaint (né en 1970 à Paris)Dernier atome d’un horizon (Tarmac, 2018)

Claire Massart – Inconsolable

•août 23, 2019 • Laisser un commentaire

Le vent pourtant a quartier libre.
Mais les pas sont entravés
Par une défaite, une reddition.
Une tête inclinée dit que la partie est perdue.

S’est-on seulement battu ?
Et contre qui ?

Février 2013

***

Claire Massart (née en 1950 à Meknès, Maroc)L’oubli des étangs (Le Greffier, 2014)

W.S. Graham – Souviens-toi je suis ici…

•août 22, 2019 • Laisser un commentaire

Souviens-toi je suis ici Ô non pas
Ailleurs sous ce masque hâtif, cette pensée
Même qui un instant est tienne. Assis
Derrière ce grillage d’acier trempé.
Je crois que je t’entends m’entendre
Je crois que je te vois me voir.
Il me semble que je ne suis
Qu’à quelques pas. Excuse-
Moi, t’ai-je parlé déjà ?
Il me semble reconnaître en ton visage
Un autre que je fus, cette curieuse
Tête d’ombre de l’autre côté
De la grille dans le PARLOIR.

*

Remember I am here O not else
Where in this quick disguise, this very
Thought that’s yours for a moment. I sit
Here behind this tempered mesh.
I think I hear you hearing me.
I think I see you seeing me.
I suppose I am really only about
Two feet away. You must excuse
Me, have I spoken to you before?
I seem to know your face from some
One else I was, that particular
Shadow head on the other side
Of the wire in the VISITORS ROOM.

***

W.S. Graham (1918–1986)Les Dialogues obscurs /The Dark Dialogues, Poèmes choisis (Black Herald Press, 2013) – Extrait du poème « Fragments que j’envoie » (Clusters Traveling Out) – Traduit de l’anglais (Ecosse) par Anne-Sylvie Homassel et Blandine Longre.

Découvert ici

Jean-Claude Pirotte – Il n’y a pas âme qui vive…

•août 21, 2019 • Laisser un commentaire

il n’y a pas âme qui vive
dans les rues de ma mémoire
mais des corps de tristes corps
et l’étrange goût de framboise

as-tu vu s’approcher du sol
le soleil qui incendie
et mourir autant d’étoiles
que de lointains souvenirs

et se dresser des idoles
que ne renverse personne
il n’y a pas âme qui vive

dans les prières frelatées
mais l’enchevêtrement des corps
perdus pour l’éternité

***

Jean-Claude Pirotte (1939-2014)Vaine pâture (Mercure de France, 2013)

Guy Chambelland – On n’en finira donc jamais…

•août 20, 2019 • Laisser un commentaire

On n’en finira donc jamais
d’aimer cette clarté, cette douceur du ciel
où la mer se replie comme un rêve en lui-même
On va on va
entre les arbres entre les fleurs
entre les femmes qu’on voudrait
elles-mêmes et miroirs de notre imaginaire.
Mais Dieu Pan fatigué pourrit dans la forêt
qui ondoie bleue aux crêtes des collines
nous laisse l’inventer le nier le médire
le nommer champignon ou lavoir oublié
femme, damier de pies ou shampooing d’oliviers,
nous perdre en la forêt de nos vocabulaires
où soleil et dédain sont, plus pauvres, nos armes
que le mendiant le soir qui ne paye son verre
et qu’on jette dehors du petit bistro tiède
dont nous rêvons sans fin comme l’enfant sa mère.

***

Guy Chambelland (1927-1996)La Mort la mer (Le Pont de l’Épée, 1966)

Paul Nougé – Maintenant…

•août 19, 2019 • 2 commentaires

Maintenant
c’est moi qui tiendrai compagnie aux hommes
et aux femmes de mauvaise volonté
Je me constituerai leur prisonnier
Je m’installerai dans leur mensonge dans leur souvenir
dans les chambres variables de leur vie
Je m’insinuerai dans leur disgrâce
Je débrouillerai leurs ressentiments
Je soufflerai sur leur colère
Je les pousserai sur la place
Je me tiendrai derrière leur dos
Ils ne reconnaîtront ni leurs gestes ni leur cri

Ils trahiront fidèlement leur parole

***

Paul Nougé (1895-1967)L’Expérience continue (Les Lèvres nues, 1966) (L’Âge d’homme, 1981)

 
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