Carl Rakosi – Époque d’injustice

•avril 25, 2019 • Laisser un commentaire

En une époque d’injustice
il est embarrassant
de se faire surprendre
à jouer du luth.
Ego sans bornes,
je veux me rendre utile
(alors, ne reste pas
les yeux rivés sur ce livre !)
Suis très sérieux
et généreux
(toi l’ironie, casse-toi !)
tout à l’excellence
de la belle dame sans merci.

*

Age of injustice

In an age of injustice
it is embarrassing
to be discovered
playing the lute

(…)

***

Carl Rakosi (1903-2004)The Collected Poems (1986) – Poèmes choisis – Traduit de l’américain par Auxeméry.
Découvert ici

René Depestre – Légitime défense

•avril 24, 2019 • Un commentaire

Poète en harmonie avec ses racines
je sais l’art de célébrer en moi-même
les noces de l’instinct et de la raison :
en plein sommeil un merveilleux oiseau
de combat reste éveillé tout éperdu
aux accidents et aux ténèbres de mon chemin.
Rien n’échappe à sa vigie de prince de la nuit.
C’est un grand duc aux réflexes de tigre
malheur au vendeur de drogue et de mensonges
à quatre pattes dans sa guerre contre mes jours.
À sa vue l’hôte ailé en flammes dans mes os
laisse tous mes rêves s’élever en fusées.

***

René Depestre (né en 1926 à Jacmel, Haïti)Rage de vivre: Oeuvres poétiques complètes (Seghers, 2006)

Claire Massart – En route !

•avril 23, 2019 • Laisser un commentaire

La route nous déroule, nous déplace vers une tenture déployée, là où portent nos yeux.
En partant, je croyais avoir fermé la porte sur mes enfants-pensées. Je les trouve, arpèges, au fond de la besace.
Je les tance, les questionne.

J’avais cru à l’éclaircie.
Mais un trou minuscule dans la toile préfigure l’étoile. Piqûre.

J’ajourne l’espoir

15 novembre 2016

***

Claire Massart (née en 1950 à Meknès, Maroc)L’aveu des nuits suivi de Le calendrier oublié (L’Ombellie, Editions des Vanneaux, 2017)

Léo Ferré – Avec le temps

•avril 22, 2019 • Un commentaire

Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
On oublie le visage et l’on oublie la voix
Le coeur, quand ça bat plus, c’est pas la peine d’aller
Chercher plus loin, faut laisser faire et c’est très bien
Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
L’autre qu’on adorait, qu’on cherchait sous la pluie
L’autre qu’on devinait au détour d’un regard
Entre les mots, entre les lignes et sous le fard
D’un serment maquillé qui s’en va faire sa nuit
Avec le temps tout s’évanouit

Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
Mêm’Les plus chouett’s souv’nirs ça t’as un’de ces
gueules
À la Gal’rie j’Farfouille dans les rayons d’la mort
Le samedi soir quand la tendresse s’en va tout’ seule
Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
L’autre à qui l’on croyait pour un rhume, pour un
rien
L’autre à qui l’on donnait du vent et des bijoux
Pour qui l’on eût vendu son âme pour quelques sous
Devant quoi l’on s’traînait comme traînent les
chiens
Avec le temps, va, tout va bien

Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
On oublie les passions et l’on oublie les voix
Qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens
Ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid
Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
Et l’on se sent blanchi comme un cheval fourbu
Et l’on se sent glacé dans un lit de hasard
Et l’on se sent tout seul peut-être mais peinard
Et l’on se sent floué par les années perdues

Alors vraiment
Avec le temps on n’aime plus.

***

Léo Ferré (1916-1993)Testament Phonographe (Plasma, 1980) (La Mémoire et la Mer, 2002)

Christophe Dauphin – Portrait du poète alité

•avril 21, 2019 • Laisser un commentaire

Il garde la solitude comme sa chambre le garde
comme l’obscurité garde le jour qui ne se lève jamais
Carcassonne les mille pages d’un alphabet de pierre

Il garde le rêve
comme le sommeil la main qui l’étreint

Le cri a pris ses yeux
il a épousé le langage

Il garde le langage
comme le tableau garde sa forêt aux cheveux d’îles bien peignés

Il garde l’imaginaire
comme la mer le fleuve et ses noyés

Ses yeux décalquent la nuit dans le mot souffrir
et les épluchures de paupière du réel

Il garde sa blessure
comme la lame sa plaie

Il cherche la vie
qui se cache dans ce qu’il est : l’amour

Il cherche la vie dans un sommeil sans préjugé
dont il fume les doigts d’opium

Une veilleuse brûle à la surface d’un lac
l’ortie de son corps endormi dialogue avec la douleur

La colonne vertébrale des étoiles explose dans sa chair.

***

Christophe Dauphin (né en 1968 à Nonancourt) – Poème ultime recours / Une anthologie de la poésie francophone contemporaine des profondeurs (Recours au poème Editeur, 2015), Matthieu Baumier & Gwen Garnier-Duguy

Ali El Hadj Tahar – La poisse du poète

•avril 20, 2019 • Laisser un commentaire

Sous ton arbre à énigmes
Crucifié à une triste étoile,
Tu es malchance même pour les astres !
Les poètes, les loups, les lucioles :
Quel désastre !
Ta poisse annonce des séismes
Cataractes catastrophes et pandémies
Le trépas des pierres
La chute des planètes

Personne, personne !
Pas même les fous n’échappent
Au sort que tu jettes
Au son que tu ulules, poète !

Dans les ténèbres de foudre et d’orage
De diamants noirs dans ta gorge de cristal
D’aurores jaunes de nénuphars et de chiens gris
Hurle ton chant fou Hurle Hurle
Ton cri maussade monte au cosmos
Et ta voix pestiférée porte jusqu’à Dieu
À toi tout seul tu es une pandémie
Fous le camp, poète !

19-11-2007, 15-12-2007 et 10-4-2008. Inédit

***

Ali El Hadj Tahar (né en 1954 à Merad, Algérie)Revue Alkemie Numéro 4 / Décembre 2009

Jovan Zivlak – L’amour l’amour

•avril 19, 2019 • Laisser un commentaire

Je pense sans cesse à la
mort
D’une façon unique
mâle
mature.
Tout dialogue est joyeux lorsque chacun
rend ses comptes pour soi.
Il pleut en averses. ah cette poésie qui regarde
toutes ces vétilles avec mépris.
L’espoir s’en va
par un chemin de poussière.
L’amour. L’amour : unicité qui
lève les rames et soutient le feu
afin qu’il ne s’éteigne.
Le vent du nord souffle sur la table
les assaisonnements tombent sur une assiette
plate mais le froid perdure.
Je dois manger.
L’immortalité s’éparpille lentement
pareille à une soupe brûlante.

***

Jovan Zivlak (né en 1947 à Nakovo, Serbie)Poèmes choisis (L’Âge d’homme, 1999) – Traduit du serbe par Boris Lazić.

 
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secousse sismique travaillant l’épaisseur d’une lentille de cristal, cette fin du monde de poche s’exprimait tout entière dans la syllabe fragm, identique de “diaphragme” à “fragment”, comme une paillette pierreuse qu’on retrouve pareille à elle-même dans des roches de structures diverses mais dont les éléments principaux, de l’une à l’autre, demeurent constants (Michel Leiris)

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