Charles Bukowski – Nirvana

Au cours de mes pérégrinations sur la toile, je suis tombé par hasard sur le poème « Nirvana » de Charles Bukowski, et j’ai été immédiatement frappé par sa beauté et sa magie. Enjoy.

pas trop de chance,
complètement sans
but,
c’était un jeune homme
dans un bus
traversant la Caroline du Nord
en chemin vers
quelque part
et il a commencé à neiger
et le bus s’est arrêté
à un petit café
nulle part dans les collines
et les passagers
sont entrés.

Il s’est assis à un coin
avec les autres,
il a commandé et la
nourriture est arrivée.
ce repas était
particulièrement
bon
et le
café.

la serveuse n’était pas
comme les femmes
qu’il avait
connues.
elle était pure,
quelque chose
d’authentique
émanait
d’elle.
le cuisinier à la friteuse disait
des imbécilités.
le gars à la plonge,
derrière,
rigolait, un rire
bon
clair
agréable.

le jeune homme observait
la neige tomber derrière
les vitres.

Il avait envie de rester
dans ce café
pour toujours.

le curieux sentiment
le parcourut
que tout
était
magnifique
ici,
que cela restera toujours
magnifique
ici.

ensuite le conducteur
a dit aux passagers
qu’il était temps
de réembarquer.

le jeune homme
a pensé, je vais rester assis
ici, je vais juste rester
ici.

mais ensuite
il s’est levé et a suivi
les autres vers
le bus.

il s’est assis à sa place
et a regardé vers le café
à travers la fenêtre
du bus.
alors le bus a
démarré, repris la route,
descendant, loin des
collines.

le jeune homme
regardait droit
devant lui.
il entendait les autres
passagers
parler
d’autres choses,
ou ils lisaient
ou
ils essayaient
de dormir.

ils n’avaient pas
remarqué
la
magie.

le jeune homme
appuya sa tête
d’un côté,
ferma ses
yeux,
prétendit
dormir.
Il n’y avait rien
d’autre à faire –
seulement écouter le
son du
moteur,
le son des
pneus
dans la
neige.

***

Traduit par David Ruzicka.

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~ par schabrieres sur mai 8, 2008.

2 Réponses to “Charles Bukowski – Nirvana”

  1. magnifique… quel génie ce Bukowski!

    J'aime

  2. Oui !! !

    J'aime

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