Dylan Thomas – Mon art morose (In My Craft Or Sullen Art, 1946)

Dylan ThomasDans mon métier, mon art morose
exercé dans la nuit silencieuse
quand la lune seule fait rage
quand les amants sont étendus
avec toutes leurs douleurs dans les bras,
je travaille, à la lumière du chant,
non par ambition ou pour mon pain
ni pour le semblant, ni par commerce
de charmes sur des scènes d’ivoire
mais pour le salaire ordinaire
du profond secret de leurs coeurs.
Ni pour le prétentieux, ignorant
la lune qui fait rage, j’écris
sur ces pages mouillées d’embrun,
ni pour les morts trop hauts
avec leurs rossignols et leurs psaumes
mais pour les amants, leurs bras
enlaçant les chagrins du Temps,
qui n’accordent ni attention, ni salaire
ni éloge à mon métier, mon art morose.

***

Dylan Thomas (1914-1953) – Traduction d’Alain Suied

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~ par schabrieres sur février 6, 2009.

Une Réponse to “Dylan Thomas – Mon art morose (In My Craft Or Sullen Art, 1946)”

  1. Quelle grandeur! lecteur publique et impudique de poésie depuis une quinzaine d’années, le lien que j’ai établi avec le corpus dylanien ne s’est jamais érodé, cette oeuvre dont la profusion métaphorique m’intimidait beaucoup occupe une pièce maitresse parmi les auteurs dont j’aime à m’assurer du tendre compagnonnage –
    je termine souvent mes petits récitals par la lecture d’au moins trois poèmes de Dylan Thomas, et l’art « morose » réjouit presque à coup sur mes patients auditeurs – je n’y suis pas pour grand chose, thomas (l’obscur) a déniché un tel équilibre entre puissance d’illustration et effleurement d’un univers à jamais cloisonné qu’il est bien difficile de rester insensible à son style –
    Merci en tout cas de l’avoir mis en ligne –
    (connaissez vous les adaptations de John Cale ?

    amicalement,

    d.

    J'aime

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