W.H. Auden – Si je pouvais le dire (If I Could Tell You, 1940)

W.H. AudenLe Temps dira, sans plus: Je te l’avais bien dit.
Seul, le temps sait le prix qu’il faudra que l’on paie,
Et je te l’apprendrais, si je pouvais le dire.

Si nous devons pleurer quand les clowns se produisent
Et si nous trébuchons quand jouent les musiciens,
Le Temps dira, sans plus: Je te l’avais bien dit.

Nul ne peut prévoir l’avenir, et cependant
Comme je t’aime plus que je ne saurais le dire,
Ah, je te l’apprendrais, si je pouvais le dire.

Il faut bien que les vents soufflent de quelque part,
Il faut bien expliquer que les feuilles pourrissent.
Le Temps dira, sans plus: Je te l’avais bien dit.

Peut-être que la rose aime vraiment s’ouvrir,
Que la vision vraiment souhaite demeurer;
Ah, je te l’apprendrais, si je pouvais le dire.

Supposons que les lions viennent à décamper
Et que tous les ruisseaux et les soldats s’enfuient,
Le Temps ne dira-t-il que: Je l’avais bien dit?
Ah, je te l’apprendrais, si je pouvais le dire.

***

W.H Auden (1907-1973) – Poésies choisies, Poésie/Gallimard. Traduction de Jean Lambert.

Publicités

~ par schabrieres sur août 6, 2009.

Une Réponse to “W.H. Auden – Si je pouvais le dire (If I Could Tell You, 1940)”

  1. Je salue mon compagnon de résistance esthétique. Chaque jour, chaque heure, chaque instant notre armée s’étend. Nul besoin de sabres, d’explosifs ni d’armement ultime à part la beauté. La victoire est aussi proche que le combat illusoire.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
Manolis

Greek Canadian Author

Littérature portes ouvertes

Littérature contemporaine, poésie française, recherche littéraire...

The Manchester Review

The Manchester Review

poésie : traduction : critique

L'atelier en ligne de Pierre Vinclair

fragm

secousse sismique travaillant l’épaisseur d’une lentille de cristal, cette fin du monde de poche s’exprimait tout entière dans la syllabe fragm, identique de “diaphragme” à “fragment”, comme une paillette pierreuse qu’on retrouve pareille à elle-même dans des roches de structures diverses mais dont les éléments principaux, de l’une à l’autre, demeurent constants (Michel Leiris)

Outlaw Poetry

Even when Death inhabits a poem, he does not own it. He is a squatter. In fact, Death owns nothing. - Todd Moore

Locus Solus: The New York School of Poets

News, links, resources, and commentary on poets and artists of the New York School

Encres désancrées --- Carla Lucarelli

Carnets décousus, Ecriture, Lectures, humeurs, élucubrations, travaux en cours, Images aimées, prises ou empruntées

Bonheur des yeux et du palais

sur le fil des jours

Bareknuckle Poet

Journal of Letters

Vallejo & Co.

literatura y más

Revista Conexos

Una revista de arte y literatura, sin fronteras generacionales ni geográficas

Laurent DOMERGUE

Sculpture sur bois

%d blogueurs aiment cette page :