Paul Auster – Nuits blanches (White Nights, 1988)

Paul AusterPersonne…  Et le corps dit : ce qui est dit
Ne doit pas être dit. Mais « personne »
Est aussi un corps et ce que dit ce corps
N’est entendu de personne,
Á part toi.

Chute de neige et nuit… La répétition d’un crime,
Parmi les arbres. Le stylo…
Parcourt la surface de la terre ; ne sait plus…
Ce qui va se passer et la main qui le tient
Disparaît.

Pourtant, il écrit,
Il écrit : au commencement, parmi les arbres,
Un corps a émergé
De la nuit,
En marchant. Il écrit :
La blancheur du corps est de couleur terre.
C’est la terre,
Et la terre a écrit que tout…
Est la couleur du silence.

Je n’y suis plus pour personne. Je n’ai jamais dit ce que tu
Prétends que j’ai dit.
Pourtant, le corps
Est un lieu où rien ne meurt. Et chaque nuit,
Du silence des arbres, tu sais que ma voix
Marche vers toi.

***

Paul Auster (né en 1947)

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~ par stéphane chabrières le août 24, 2009.

Une Réponse to “Paul Auster – Nuits blanches (White Nights, 1988)”

  1. j’ai adoré INVISIBLE que dire de plus , ha! oui je l’ai lu en une nuit et un petit après midi!!!

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