Eugenio Montale – Lumière hivernale (Luce d’inverno, 1956)

Lorsque je descendis du ciel de Palmyre
sur palmiers nains et propylées de sucre candi
et qu’à la gorge une griffe m’avertit
que tu m’enlèverais,

lorsque je descendis du ciel de l’Acropole
et trouvai, à des kilomètres, des paniers
de poulpes et de murènes
(la scie de leurs dents sur
le coeur qui se contracte!),
lorsque je quittai les cimes d’aurores
inhumaines pour le musée glacial
de momies et scarabées (seule vivante,
tu y étais mal) et vins comparer lave
et jaspe, sable et soleil, fange
et divine argile -
à l’étincelle
qui jaillit je fus neuf et réduit en cendres.

***

Eugenio Montale (1896-1981)La Tourmente et autres textes (La bufera e altro, 1956) – Traduction Patrice Dyerval Angelini

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~ par stéphane chabrières le janvier 6, 2010.

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