Eugenio Montale – J’ai descendu, en te donnant le bras (Ho sceso, dandoti il braccio, 1967)

J’ai descendu, en te donnant le bras, plus d’un million d’escaliers,
et maintenant que tu n’es plus là c’est le vide à chaque marche.
Même ainsi notre long voyage a été court.
Le mien dure encore, et je n’ai plus besoin
des correspondances, des réservations,
des embûches, des déboires de qui croit
que la réalité est celle qu’on voit.
J’ai descendu des millions d’escaliers en te donnant le bras,
et non parce que quatre yeux y voient sans doute mieux.
C’est avec toi que je les ai descendus, sachant que, de nous deux,
les seules vraies pupilles, malgré leur épais voile,
c’étaient les tiennes.

***

Eugenio Montale (1896-1981)Satura (1971) – 20 novembre 1967 – Traduction Patrice Dyerval Angelini

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~ par schabrieres sur janvier 21, 2010.

Une Réponse to “Eugenio Montale – J’ai descendu, en te donnant le bras (Ho sceso, dandoti il braccio, 1967)”

  1. Traduction par Luestan Théel
    de Portami il girasole ch’io lo trpianti de Eugenio Montale

    Apporte-moi le tournesol que je le sème
    Dans mon terrain brûlé de sel,
    Et qu’il montre tout le jour aux miroirs d’azur
    Du ciel, l’anxiété de sa face de paille.

    Se tendent vers la clarté les choses obscures,
    Se fondent les corps en un flot
    De couleurs : et celles-ci en musiques. S’évanouir
    Est bien l’aventure des aventures.

    Apporte-moi la plante qui conduit
    Là où surgissent de blondes transparences,
    Et où s’évapore la vie ainsi qu’essence ;
    Apporte-moi le tournesol affolé de lumière.

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