Jorge Luis Borges – Limites (1960)

Il y a une ligne de Verlaine dont je ne dois plus me ressouvenir,
Il y a une rue toute proche qui est défendue à mes pas,
Il y a un miroir qui m’a vu pour la dernière fois,
Il y a une porte que j’ai fermée jusqu’à la fin du monde.
Parmi les livres de ma bibliothèque (je les ai devant mes yeux),
Il doit y en avoir un que je n’ouvrirai jamais plus.
Cet été, j’aurai cinquante ans ;
La mort me rogne, incessante.

***

Jorge Luis Borges (1899-1986)L’Auteur (El Hacedor, 1960)

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~ par stéphane chabrières le mars 9, 2010.

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