Fernando Pessoa – Tu parles de civilisation (Falas de civilização)

Tu parles de civilisation, tu dis qu’elle ne devrait pas être,
ou qu’elle devrait être différente.
Tu dis que tous les hommes souffrent, ou la majorité, avec les choses humaines disposées de cette manière.
Tu dis que si elles étaient différentes, ils souffriraient moins.
Tu dis que si elles étaient selon tes voeux, cela vaudrait mieux.
J’écoute et je ne t’entends pas.
Pourquoi donc voudrais-je t’entendre ?
Si je t’entendais je n’en serais pas plus avancé.
Si les choses étaient différentes, elles seraient différentes, voilà tout.
Si les choses étaient selon ton coeur, elles seraient selon ton coeur.
Malheur à toi et à tous ceux qui passent leur existence à vouloir inventer la machine à faire du bonheur !

***

Fernando Pessoa (1888-1935) (Alberto Caeiro) – Poèmes désassemblés (Poemas Inconjuntos) – Traduction d’Armand Guibert

Publicités

~ par schabrieres sur mars 19, 2010.

2 Réponses to “Fernando Pessoa – Tu parles de civilisation (Falas de civilização)”

  1. En effet, le bonheur est dans l’Esprit, l’Ame…
    dans les utopies d’homme et femmes qui n’ont jamais arrêté d’y croire!
    Parmi nous il y’en a encore beaucoup: les poètes, les rêveurs, les artistes de la Vie…
    Lui… sûrement il était l’on deux
    Sérénité :-)claudine

    http://claudine2007.splinder.com

    J'aime

  2. Bienheureux tous ceux qui passent leur existence à vouloir inventer des machines à faire plus de bonheur!

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
Manolis

Greek Canadian Author

Littérature portes ouvertes

Littérature contemporaine, poésie française, recherche littéraire...

The Manchester Review

The Manchester Review

poésie : traduction : critique

L'atelier en ligne de Pierre Vinclair

fragm

secousse sismique travaillant l’épaisseur d’une lentille de cristal, cette fin du monde de poche s’exprimait tout entière dans la syllabe fragm, identique de “diaphragme” à “fragment”, comme une paillette pierreuse qu’on retrouve pareille à elle-même dans des roches de structures diverses mais dont les éléments principaux, de l’une à l’autre, demeurent constants (Michel Leiris)

Outlaw Poetry

Even when Death inhabits a poem, he does not own it. He is a squatter. In fact, Death owns nothing. - Todd Moore

Locus Solus: The New York School of Poets

News, links, resources, and commentary on poets and artists of the New York School

Encres désancrées --- Carla Lucarelli

Carnets décousus, Ecriture, Lectures, humeurs, élucubrations, travaux en cours, Images aimées, prises, empruntées

Bonheur des yeux et du palais

sur le fil des jours

Bareknuckle Poet

Journal of Letters

Vallejo & Co.

literatura y más

Revista Conexos

Una revista de arte y literatura, sin fronteras generacionales ni geográficas

%d blogueurs aiment cette page :