Alfonsina Storni – La caresse perdue (La caricia perdida, 1920)

Une caresse s’échappe de mes doigts
Et s’en va rouler dans le vent.
Cette caresse qui vagabonde, sans objet ni but
Cette caresse perdue, qui s’en emparera ?

J’aurais pu aimer cette nuit avec une piété infinie,
J’aurais pu aimer le premier qui se serait approché.
Personne ne vient. Les sentiers fleuris sont déserts.
La caresse perdue roulera…roulera.

Si quelqu’un t’embrasse cette nuit sur les yeux, voyageur,
Si les branches exhalent un doux soupir
Si une petite main serre tes doigts,
t’étreint, te laisse, te resserre et s’en va.

Si tu ne vois pas cette main, ni la bouche qui embrasse
Si c’est l’air qui tisse l’illusion d’embrasser,
Oh voyageur, qui a les yeux comme le ciel
Dans le vent, confondue, me reconnaîtras-tu ?

***

Alfonsina Storni (1892-1938)Languidez (1920)

Publicités

~ par schabrieres sur juillet 15, 2010.

2 Réponses to “Alfonsina Storni – La caresse perdue (La caricia perdida, 1920)”

  1. j’aimerais m’inscrire mais ça marche pas tant pis envoyer moi de temps en temps un signe pour de nouveaux poèmes merci ce blog de poèmes traduits bien souvent est une belle mine t a une belle mine

    J'aime

  2. Pas perdu pour tout le monde, ces mots font comme une caresse.

    Je laisse aussi ce lien en guise de commentaire ;

    http://m.youtube.com/watch?v=LRt2jX1kaYo

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

 
La Labyrinthèque

Histoire de l'art jouissive & enchantements littéraires

Je pleure sans raison que je pourrais vous dire

« Je pleure sans raison que je pourrais vous dire, c'est comme une peine qui me traverse, il faut bien que quelqu'un pleure, c'est comme si c'était moi. » M. D.

verseando

algunos poemas y otros textos

Traversées, revue littéraire

Poésies, études, nouvelles, chroniques

Le Carnet et les Instants

Revue des Lettres belges francophones

Borntobeanomad

The world is your home.

Manolis

Greek Canadian Author

Littérature portes ouvertes

Littérature contemporaine, poésie française, recherche littéraire...

The Manchester Review

The Manchester Review

poésie : traduction : critique

L'atelier en ligne de Pierre Vinclair

fragm

secousse sismique travaillant l’épaisseur d’une lentille de cristal, cette fin du monde de poche s’exprimait tout entière dans la syllabe fragm, identique de “diaphragme” à “fragment”, comme une paillette pierreuse qu’on retrouve pareille à elle-même dans des roches de structures diverses mais dont les éléments principaux, de l’une à l’autre, demeurent constants (Michel Leiris)

%d blogueurs aiment cette page :