Carlos Drummond de Andrade – Consolation sur la plage (Consolo na praia)

Allons, ne pleure pas…
L’enfance est perdue
La jeunesse est perdue
Mais la vie n’est pas perdue.

Le premier amour est passé
Le deuxième est passé
Le troisième est passé
Mais le coeur persiste.

Tu as perdu ton meilleur ami
Tu n’as tenté aucun voyage
Tu ne possèdes ni maison, ni bateau, ni terre,
Mais tu as un chien.

Certains mots durs,
Prononcés doucement, t’ont blessé.
Jamais, ils n’ont jamais cicatrisé.
Oui mais, et l’humour?

L’injustice ne se résout.
À l’ombre de ce monde fourvoyé
tu as murmuré une protestation timide.
Mais d’autres suivront.

Tout bien compté, tu devrais
te jeter une fois pour toutes dans les flots.
Tu es nu sur le sable, dans le vent…
Dors, mon petit.

***

Carlos Drummond de Andrade (1902-1987)

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~ par schabrieres sur août 29, 2011.

3 Réponses to “Carlos Drummond de Andrade – Consolation sur la plage (Consolo na praia)”

  1. Le langage de la simplciité !!

    J'aime

  2. Pas vraiment une consolation…

    J'aime

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