Henri Michaux – Le jour, les jours, la fin des jours (Méditation sur la fin de Paul Celan) (1973)

Sans qu’ils parlent, lapidé par leurs pensées

Encore un jour de moindre niveau. Gestes sans ombres

A quel siècle faut-il se pencher pour s’apercevoir ?

Fougères, fougères, on dirait des soupirs, partout, des soupirs

Le vent éparpille les feuilles détachées

Force des brancards, il y a dix huit cent mille ans on naissait

déjà pour pourrir, pour périr, pour souffrir

Ce jour, on en a déjà eu de pareils

quantité de pareils

jour où le vent s’engouffre

jour aux pensées insoutenables

Je vois les hommes immobiles

couchés dans les chalands

Partir.

De toute façon partir.

Le long couteau du flot de l’eau arrêtera la parole.

***

Henri Michaux (1899-1984)Moments, traversées du temps (1973)

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~ par stéphane chabrières le octobre 21, 2011.

Une Réponse to “Henri Michaux – Le jour, les jours, la fin des jours (Méditation sur la fin de Paul Celan) (1973)”

  1. Michaux : le plus grand, le plus novateur et paradoxalement le plus incroyablement accessible de tous les poètes "modernes" du XXème siècle, loin devant les logorrhées surréalistes (pourtant si décisives historiquement) des Bretons, Tzara Eluard, loin devant les préciosités universitaires de la guerre froide (Glissant, Bonnefoy Jacottet, Roubaud), loin, si loin… Dans une belle et douce caravelle…

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