Salvatore Quasimodo – Homme de mon temps (Uomo del mio tempo, 1947)

Tu es toujours celui des pierres et des frondes,
homme de mon temps. Tu étais dans la carlingue
avec tes mâles ailes, tes méridiens de mort,
– je t’ai vu – menant le char de feu, aux potences,
à la roue de torture. Je t’ai vu : c’était toi,
avec ta science exacte vouée au massacre,
sans amour, sans le Christ. Tu as tué encore,
comme toujours, ainsi que tes aïeux,
de même que les bêtes lorsqu’elles t’aperçurent.
Et le sang a la même odeur que le jour
où le frère dit à son frère: «Allons
vers les champs». Et l’écho
en est arrivé, glacial et tenace,
jusques à toi, au sein de ta journée.
O fils, oubliez les nuages de sang
jaillis de la terre, oubliez les aïeux :
leurs tombes s’engloutissent dans les cendres,
les oiseaux noirs, le vent, couvrent leur coeur.

***

Salvatore Quasimodo (1901-1968)Jour après jour (Giorno dopo giorno, 1947) – Traduction de Pericle Patocchi

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~ par schabrieres sur janvier 15, 2012.

2 Réponses to “Salvatore Quasimodo – Homme de mon temps (Uomo del mio tempo, 1947)”

  1. Quasimodo, mais aussi (et encore) Jurroz, Buckovski. De bonnes lectures et des poèmes plus longs. Un pur plaisir.
    Amitiés.

    J'aime

  2. Juarroz, Bukowski.

    J'aime

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