Zbigniew Herbert – Parabole (Przypowieść, 1957)

Le poète imite les voix des oiseaux
il étire son long cou
et sa pomme d’Adam saillante
est comme un doigt maladroit sur l’aile de la mélodie

en chantant il croit vraiment
hâter le lever du soleil
la chaleur de son chant en dépend
et la pureté de ses aigus

le poète imite le sommeil des pierres
la tête dans les épaules
il est comme un fragment de sculpture
à la respiration rare et pénible

en dormant il croit que lui seul
percera le secret de l’existence
et que sans l’aide des théologiens
il happera l’éternité de sa bouche assoiffée

que serait le monde
s’il n’était plein
de l’incessant va-et-vient du poète
parmi les pierres et les oiseaux

*

Przypowieść

Poeta naśladuje głosy ptaków
wyciąga długą szyję
a wystająca grdyka
jest jak palec niezgrabny na skrzydle melodii

śpiewając wierzy głęboko
że przyspiesza wschód słońca
od tego zależy ciepło śpiewu
i czystość wysokich tonów

poeta naśladuje sen kamieni
z głową w ramionach
jest jak kawałek rzeźby
oddychającej rzadko i boleśnie

śpiąc wierzy że on jeden
zgłębi tajemnicę istnienia
i że bez pomocy teologów
chwyci w spragnione usta wieczność

czym byłby świat
gdyby nie napełniała go
nieustanna krzątanina poety
wśród ptaków i kamieni

***

Zbigniew Herbert (1924-1998)Hermès, le chien et l’étoile (Hermes, pies i gwiazda, 1957)Oeuvres poétiques complètes I (Le Bruit du Temps, 2011) – Traduit du polonais par Brigitte Gautier.

~ par schabrieres sur décembre 14, 2012.

Une Réponse to “Zbigniew Herbert – Parabole (Przypowieść, 1957)”

  1. Gilberte Dallas. J’ai encore d’elle un beau « poème » que je veux vous faire partager. C’est, je crois, son dernier, écrit à l’hôpital, alors que la maladie lui ravageait le ventre :

    « Je vous envoie, enveloppant ce poème froissé,
    Cette mappemonde de cristal.
    Ma gorge est close comme une boite rouillée
    Des cyclamens blancs à tête d’ocelots me veillent,
    Arrachant à mon sommeil des lambeaux de chair
    Oh ! pulpes de grenades éclatées, seins béants.
    Où es-tu Marie ?
    Petite soeur, reflet.
    Des raies de chaleur perforent la cage de l’ascenseur
    Délivrant le camphre du désir.
    Je suis riche, riche comme un kaléidoscope
    Plongez vos mains dans mon ventre,
    Retirez-en l’arc-en-ciel qui me dévore. »

    Aimé par 1 personne

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