Zbigniew Herbert – Ballade qui dit que nous ne disparaissons pas (Ballada o tym że nie giniemy, 1956)

Ceux qui prirent la mer à l’aube
mais jamais ne reviendront
laissèrent une trace sur la vague –

au fond tombe alors un coquillage
beau comme lèvres pétrifiées

ceux qui suivirent une route sablonneuse
mais sans atteindre les persiennes
bien qu’on vît déjà les toits –

un tourbillon d’air est leur abri

ceux qui ne rendront orphelins
qu’une chambre glaciale quelques livres
un encrier vide une page blanche –

en vérité ils ne sont pas morts tout entiers

ils chuchotent dans les taillis de la tapisserie
une tête plate loge dans le plafond

d’air d’eau de chaux de terre
est fait leur paradis l’ange du vent
effacera leur corps entre ses paumes
ils se disperseront
parmi les prairies du monde

*

Ballada o tym że nie giniemy

Którzy o świcie wypłynęli
ale już nigdy nie powrócą
na fali ślad swój zostawili –

W głąb morza spada wtedy muszla
piękna jak skamieniałe usta

Ci którzy szli piaszczystą drogą
ale nie doszli do okiennic
chociaż już dachy było widać –

W dzwonie powietrza mają schron

A którzy tylko osierocą
wyziębły pokój parę książek
pusty kałamarz białą kartę –

Zaprawdę nie umarli cali

Szept ich przez chaszcze idzie tapet
w suficie płaska głowa mieszka
z powietrza wody wapna ziemi
zrobiono raj ich anioł wiatru
rozetrze ciało w dłoni
będą
po łąkach nieść się tego świata

***

Zbigniew Herbert (1924-1998)Corde de lumière (Struna światła, 1956) – Oeuvres poétiques complètes I (Le Bruit du Temps, 2011) – Traduit du polonais par Brigitte Gautier.

~ par schabrieres sur décembre 21, 2012.

Une Réponse to “Zbigniew Herbert – Ballade qui dit que nous ne disparaissons pas (Ballada o tym że nie giniemy, 1956)”

  1. Rainer Maria Rilke, Poèmes à la nuit :

    « Parcours nocturne.

    Rien ne peut se comparer. Qu’est-ce qui n’est pas entièrement
    Seul avec soi, en effet, et y eut-il jamais chose à dire ;
    Nous ne sommes rien, il nous est seulement permis d’endurer
    Et de nous persuader que çà et là un éclat,
    Ça et là un regard nous a peut-être effleurés
    Comme si précisément cela qui est notre vie
    Vivait à l’intérieur. A qui résiste,
    Le monde n’advient pas. Et à qui comprend trop,
    L’éternel se rérobe. Parfois
    Dans de grandes nuits pareilles à celle-ci nous sommes comme
    Hors de danger, partagés en fragments égaux,
    Répartis en étoiles. Comme elles sont pressantes. »

    Aimé par 1 personne

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