Zbigniew Herbert – Que sera-ce (Co będzie, 1969)

Que sera-ce
quand les mains
tomberont des poèmes

quand à d’autres montagnes
je boirai l’eau sèche

ce devrait être indifférent
mais ce n’est pas

que deviendront les vers
quand la respiration s’en ira
et la merci du destin
sera rejetée

abandonnerai-je ma table
pour descendre dans la vallée
où retentit
un nouveau rire
sous la sombre forêt

*

Co będzie

co będzie
kiedy ręce
odpadną od wierszy

gdy w innych górach
będę pił suchą wodę

powinno to być obojętne
ale nie jest

co stanie się z wierszami
gdy odejdzie oddech
i odrzucona zostanie
łaska głosu

czy opuszczę stół
i zejdę w dolinę
gdzie huczy
nowy śmiech
pod ciemnym lasem

***

Zbigniew Herbert (1924-1998)Inscription (Napis, 1969)Redresse-toi et va (La Différence, 1995) – Traduit du polonais par Jacques Burko.

~ par schabrieres sur janvier 11, 2013.

Une Réponse to “Zbigniew Herbert – Que sera-ce (Co będzie, 1969)”

  1. Un jour, allongé de tout mon poids,
    Sur la roche rude, je n’aurai d’idées poétiques,
    Que celles , rebondissant sur le gravier .
    Elles correspondront à mon champ de vision,
    Rétréci,
    Et mon corps me sera un poids..

    Incapable de me relever,
    Les chiens me flaireront,
    Ils ont la pensée vierge,
    Et ignorent les livres ,
    Sauf à les rapporter à leur maître,
    Comment ils le font avec les pantoufles.

    J’aurais pu te confier mes secrets,
    Partager encore des images,
    Elles, qui se cristallisent,
    En confidences et écriture,
    … J’aurais été redressé sur un banc,
    Encore mouillé de ses embruns marins.

    Traînant encore mes vers,
    Balbutiant ma langue morte,
    Habitant encore, despotique,
    Ma bouche, ma blessure ouverte,
    — Pour enrober de détails inutiles,
    Mon corps mourant.

    Il n’y a plus de secret,
    Et tu peux rire de moi,
    La conversation est finie,
    Le dernier chapitre s’est clos,
    Je ne suis qu’un vagabond,
    Allongé sur le rocher.

    Sous un manteau gris et froissé,
    A  sentir le froid me saisir….,
    Les mots m’ont abandonné ;
    Et j’entends tes pas crisser sur le gravier,
    Puis diminuer, ….. – tu t’en es allé.

    Je peux fermer les yeux.

    RC

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