Alda Merini – Poème (2003)

Je n’ai pas besoin d’argent.
J’ai besoin de sentiments,
de mots, de mots choisis avec soin,
de fleurs comme des pensées,
de roses comme des présences,
de rêves perchés dans les arbres,
de chansons qui fassent danser les statues,
d’étoiles qui murmurent à l’oreille des amants.
J’ai besoin de poésie,
cette magie qui allège le poids des mots,
qui réveille les émotions et donne des couleurs nouvelles.

*

Io non ho bisogno di denaro.
Ho bisogno di sentimenti,
di parole, di parole scelte sapientemente,
di fiori detti pensieri,
di rose dette presenze,
di sogni che abitino gli alberi,
di canzoni che facciano danzare le statue,
di stelle che mormorino all’orecchio degli amanti…
Ho bisogno di poesia,
questa magia che brucia la pesantezza delle parole,
che risveglia le emozioni e dà colori nuovi.

*

I do not need money.
I have need of feelings
of words, words chosen wisely
of flowers called thoughts,
of roses called presences
of dreams inhabiting the trees,
of songs that make statues dance,
of stars that murmur to the ear of lovers.
I need poetry
this spell which burns the weight of words
that arouses emotions and gives new colors.

***

Alda Merini (1931-2009)Terra d’amore (2003) – Traduction en anglais de Susan Stewart

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~ par schabrieres sur septembre 13, 2013.

4 Réponses to “Alda Merini – Poème (2003)”

  1. Pour la nipotinetta…le texte en original est ds la langue aimée…

    Envoyé de mon iPhone

    Aimé par 1 personne

  2. Pourvu que les poètes affectionnent davantage les bouquets de pensées que les « Fleurs du Mal ».

    Aimé par 1 personne

  3. J’ai rencontré cet été à Tromso un italien dans un camping. Il venait de faire plus de 6000 kilomètres dans une petite panda qui datait des années 90. Un gars très sympathique. Je faisais des pâtes dans la cuisine quand il m’a abordé en me demandant « Italian ? ». Je lui ai répondu que « no, french » en souriant, moi aussi. On s’est recroisé un peu plus tard et c’est moi cette fois-ci qui l’ai abordé, je lui ai parlé de sa vieille panda 4X4 et il m’a raconté son périple depuis l’Italie du Nord jusqu’au Cap Nord et son retour chez lui prévu pour dans un mois au plus tôt. Il était accompagné de sa fille qui avait une dizaine d’année. Le lendemain matin nous avons déjeuné ensemble et je lui ai demandé si il connaissait Alda Mérini. Il m’a dit que oui, m’a parlé d’elle, de sa grande admiration pour elle et il m’a dit aussi qu’il regrettait qu’elle soit si peu comprise étant considérée pour beaucoup comme une folle. Et puis on a parlé d’autre chose et il est revenu à Alda Mérini en se disant surpris que je la connaisse. Je lui ai raconté mon amour de la poésie, de mes lectures et écritures, il m’a parlé de sculptures qu’il fait depuis qu’il a 15 ans (il en a a peu près 50) en métal. Il m’a montré une photo, on aurait dit des ballons de baudruche en fer, une impression de légèreté, presque de transparence. Superbe. Il m’a dit qu’Alda Mérini voyait au-delà de ce que la plupart des gens voient.

    Aimé par 1 personne

  4. Magnifique. Merci Vincent. Cet Italien a l’air vraiment remarquable. Il a tout compris à la poésie d’Alda, et à la poésie en général : voir au-delà de ce que la plupart des gens voient. C’est tellement facile de qualifier cela de folie. J’aimerais bien voir les œuvres de ce sculpteur.

    Aimé par 1 personne

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