Raymond Queneau – L’espèce humaine (1968)

Raymond Queneau - Photomaton (1947)L’espèce humaine m’a donné
le droit d’être mortel
le devoir d’être civilisé
la conscience humaine
deux yeux qui d’ailleurs ne fonctionnent pas très bien
le nez au milieu du visage
deux pieds deux mains
le langage
l’espèce humaine m’a donné
mon père ma mère
peut-être des frères on ne sait
des cousins à pelletées
et des arrière-grands-pères
l’espèce humaine m’a donné
ses trois facultés
le sentiment l’intelligence et la volonté
chaque chose de façon modérée
l’espèce humaine m’a donné
trente-deux dents un cœur un foie
d’autres viscères et dix doigts
l’espèce humaine m’a donné
de quoi se dire satisfait

***

Raymond Queneau (1903-1976)Battre la campagne (1968)

Publicités

~ par schabrieres sur avril 4, 2014.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

 
Book Around The Corner

Books I read. Books I want to share with you.

lyrique.roumaine

poètes roumains des deux derniers siècles

Anthony Wilson

Poetry, Education, Research

Messenger's Booker (and more)

What started as a blog looking at Booker Prize Shortlisted novels since 1969, has morphed into a search for the best writing from the whole planet. Books listed for Awards of various descriptions a forte but not a prerequisite.

Lisez Voir !

- Des livres à votre vue -

Reading in Translation

Translations reviewed by translators

Diabolus In Musica

Lossless Classical Resources

Ricardo Blanco's Blog

Citizen of Nowhere

Digo.palabra.txt

Literatura para generaciones pixeladas

AFROpoésie

Le site des poésies africaines

La Labyrinthèque

Histoire de l'art jouissive & enchantements littéraires

Je pleure sans raison que je pourrais vous dire

« Je pleure sans raison que je pourrais vous dire, c'est comme une peine qui me traverse, il faut bien que quelqu'un pleure, c'est comme si c'était moi. » M. D.

verseando

algunos poemas y otros textos

Traversées, revue littéraire

Poésies, études, nouvelles, chroniques

%d blogueurs aiment cette page :