Francis Giauque – Angoisse compagne fidèle…

Francis Giauqueangoisse compagne fidèle
te voici revenue
d’ailleurs tu ne m’as jamais quitté
quelques jours de trêve
pour me redonner courage
le temps d’un espoir insensé
d’un oubli dérisoire
puis la chute verticale
l’égarement
le cœur qui s’appesantit
comme une horloge de plomb
te voici revenue
plus lancinante
plus despotique que jamais
angoisse scellée par le néant
chacal toujours affamé
abattu sur le cadavre de mes jours.

Prêles, 24 juin matin 6h 1/2

***

Francis Giauque (1934-1965) Oeuvres (Editions de l’Aire, 2005)

~ par schabrieres sur juin 19, 2014.

5 Réponses to “Francis Giauque – Angoisse compagne fidèle…”

  1. merci et peut-être qu’ici on peut faire passer quelques lignes d’extraits de textes littéraires et/ou poétiques

    J'aime

  2. Bien sûr vous pouvez soumettre des extraits de textes, des poèmes, etc… Bonne soirée

    J'aime

  3. Mahmoud Darwich
    […] O mer des commencements, où retournes-tu ? / Mer assiégée / Entre l’Espagne et Tyr / Voilà que la terre tourne / Pourquoi donc ne retournes-tu pas maintenant à ton point de départ ? / Ah, qui sauvera cette mer / L’heure de la mer a sonné / Et la mer s’est relâchée / Qui nous sauvera du crabe de la mer ?/ Qui annoncera que la mer est morte ? / Paix, ô mer antique / Qui nous a sauvés de la désolation des forêts / O mer des commencements… (la mer disparaît) / … /
    Mahmoud Darwich 1941-2008 Plus rares sont les roses
    traduit de l’Arabe par Abdellatif Laâbi
    éditions de Minuit

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  4. Bonjour Francis,

    On ne se connaît pas, enfin tu ne me connais pas mais moi je te connais un peu grâce à tes poèmes et à Wikipedia ( une sorte d’encyclopédie que l’on peut consulter sur un écran). Je ne vais pas m’appesantir sur l’évolution des techniques depuis ta mort ça n’est pas l’objet de ma lettre. L’objet de ma lettre c’est de te dire que je regrette que tu sois mort. Tu aurais à peine 80 ans aujourd’hui. 80 ans ça fait pas beaucoup beaucoup de nos jours, l’espérance de vie s’est nettement allongée depuis que tu as cesser d’espérer en elle. Il m’arrive moi aussi de sentir l’espérance qui s’amenuise en moi au point que je songe moi aussi à faire mes valises alors je lis des poèmes et si ça ne suffit pas j’écris. Je dois dire que ça marche pas trop mal depuis une paire d’année. J’aime particulièrement écrire des lettres mais je ne sais pas toujours à qui. J’avais un ami à qui j’aimais beaucoup écrire et puis un jour il m’a envoyé dans les orties, j’ai cru comprendre qu’il était effrayé par ce que je lui envoyais. Ça m’a fait beaucoup de peine mais le temps à fait son travail, le temps ou je ne sais quoi, toujours est-il que j’ai remonté la pente même si je regrette toujours de ne pouvoir échanger avec lui. Je t’avoue que je ne survis pas que de poésie et d’écriture, il m’arrive aussi de recourir à des substances chimiques quand rien n’y fait. C’est un recours que tu n’as pas eu ou plutôt qui avec les moyens de ton époque ne t’a pas permis d’être encore parmi nous aujourd’hui. Dans ce domaine là aussi il y a eu des progrès et qui sait si de nos jours ces progrès ne t’auraient pas permis de ne pas faire le choix de la mort ? J’ai appris qu’avant de te jeter dans l’eau pour toujours tu as confié tes poèmes à un ami pour qu’il tente de les faire publier afin que d’autre y trouvent du réconfort. C’est mon cas et je te suis très reconnaissant d’avoir pensé à moi. Ça n’est pas seulement ma vie qui se prolonge par ton geste mais la tienne.


    angoisse scellée par le néant
    chacal toujours affamé
    abattu sur le cadavre de mes jours.

    C’est très beau. C’est magnifique même. Je trouve ta poésie si belle qu’il m’arrive de la dire avec ou sans musique et elle fait toujours son effet. Elle est redoutable de beauté. L’autre jour par exemple à une petite fête entre amis accompagné par des amis musiciens de blues-rock, j’en ai dis une de toi, ma préférée, « Amour que je ne peux chanter » et je peux te dire qu’elle a fait son effet, j’ai entendu beaucoup de gens s’exclamer « Oh ! C’est beau ! » Un moment quelqu’un à dis « C’est triste » un autre a tout de suite ajouté « c’est triste mais c’est beau ». C’est la magie de la poésie de n’être jamais si belle que quand elle jaillit du plus profond du désespoir.

    Merci multiplié par le nombre py Francis.

    À bien tard

    Amicalement
    Vincent

    J'aime

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