Georges Perros – Homme qui vis…

Georges PerrosHomme qui vis, sais-tu de quoi
Tu te souviendras lorsque inerte
Les vers futurs feront de toi
Cette barque à jamais déserte ?

De rien sinon de ce vent-là
De la rose qui s’y caresse
De l’âme indicible qui va
D’une chose à l’autre et la laisse.

Sans le ciel, sans l’arbre sans toi
L’oiseau l’oiseau l’infatigable
Vivre serait trop dure loi.

Soleil grand oeil crevé d’un Dieu
Ton reflet chante dans le sable
Que mourir c’est partir un peu.

***

Georges Perros (1923-1978) – Poèmes bleus (Gallimard, 1962)

~ par schabrieres sur septembre 9, 2014.

6 Réponses to “Georges Perros – Homme qui vis…”

  1. « Elle », c’est la poésie. « Elle est impérissable et présente dans le monde qui croit réussir a l’ignorer, mais ne peut empêcher un poète d’être saisi par elle et mené au bout de son calvaire avec ce sourire lointain que l’on voit sur certaines figures de peintres. »

    Je lui trouve un sourire lointain sur ce portrait à Perros. Le texte de Jean-Claude Pirotte dont est extrait cette citation est ici;

    https://schabrieres.wordpress.com/2014/01/07/jean-claude-pirotte-poeme-2012-2/#comment-2673

    Si quelqu’un sait à quels figures de peintres il fait allusion, je suis intéressé.
    Sinon, superbe poésie en vers et superbe portrait !

    Aimé par 1 personne

  2. Peut-être que le poème est le fragment de langage le plus utile à l’homme qui veut changer le monde…Être des hommes avec les hommes. Parler. (Entretien radiophonique de Georges Perros 1975)

    Aimé par 1 personne

  3. « Aimer la littérature, c’est être persuadé qu’il y a une phrase écrite qui nous re-donnera le goût de vivre. »

    C’est de Georges Perros et ça me re-donne le goût de vivre.

    Aimé par 1 personne

  4. […] [Texte découvert sur le site « beauty will save the world », voir le lien ci-dessous] https://schabrieres.wordpress.com/2014/09/09/georges-perros-poeme-1962/ […]

    J'aime

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