Robert Frost – Familier de la nuit (Acquainted with the Night, 1928)

Robert FrostJ’ai été familier de la nuit.
Je suis sorti sous la pluie — et revenu sous la pluie.
J’ai marché plus loin que le plus lointain réverbère.

J’ai discerné le plus triste chemin de la ville.
Je suis passé devant le veilleur à son poste
Et ai baissé les yeux, réticent à expliquer.

Je suis resté immobile et ai arrêté le bruit de mes pas
Quand au loin un cri interrompu est parvenu
Au-dessus des maisons depuis une autre rue,

Mais pas pour me rappeler ou me dire au revoir,
Et encore plus loin à une hauteur surnaturelle,
Une horloge lumineuse sur fond de ciel

A proclamé que l’heure n’était ni mauvaise ni bonne
J’ai été familier de la nuit.

*

I have been one acquainted with the night.
I have walked out in rain—and back in rain.
I have outwalked the furthest city light.

I have looked down the saddest city lane.
I have passed by the watchman on his beat
And dropped my eyes, unwilling to explain.

I have stood still and stopped the sound of feet
When far away an interrupted cry
Came over houses from another street,

But not to call me back or say good-bye;
And further still at an unearthly height,
One luminary clock against the sky

Proclaimed the time was neither wrong nor right.
I have been one acquainted with the night.

***

Robert Frost (1874–1963)Le ruisseau qui coule vers l’ouest (West-Running Brook, 1928) – Traduction de Tomasz Akszterowicz

~ par schabrieres sur avril 18, 2015.

4 Réponses to “Robert Frost – Familier de la nuit (Acquainted with the Night, 1928)”

  1. A reblogué ceci sur Autoroutes et Réverbèreset a ajouté:
    Et bon week-end !

    Aimé par 2 personnes

  2. Jim Harrison l’évoque tout le temps dans ses romans… comme un poète indépassable… 🙂

    Aimé par 2 personnes

  3. J’ai été de ceux qui ont connu la nuit.
    J’ai marché dans la pluie – et suis dans la pluie retourné.
    J’ai marché plus loin que la cité ne luit.

    J’ai vu la plus triste venelle de la cité.
    J’ai dépassé le veilleur dans sa ronde là-bas
    Et j’ai baissé les yeux, sans vouloir m’expliquer.

    J’ai fait halte et j’ai arrêté le bruit de mes pas
    Quand au lointain un cri interrompu
    Arriva d’une autre rue par-dessus les toits,

    Mais pas pour me dire reviens, adieu non plus,
    Et plus loin encore, à une hauteur infinie,
    Une horloge brillante contre le ciel est venue

    Proclamer : « Le temps n’est ni bien ni mal choisi ».
    J’ai été de ceux qui ont connu la nuit.

    Traduction personnelle

    Aimé par 1 personne

  4. […] [Texte découvert sur le site « beauty will save the world », voir le lien ci-dessous] https://schabrieres.wordpress.com/2015/04/18/robert-frost-familier-de-la-nuit-acquainted-with-the-ni… […]

    J'aime

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