Harold Pinter – Spectre (Ghost, 1983)

Harold PinterJe sentis des doigts mous à ma gorge
Quelqu’un semblait-il m’étranglait

Lèvres aussi dures qu’elles étaient suaves
Quelqu’un semblait-il m’embrassait

Mes os vibrants prêts à craquer
J’étais béant dans les yeux de l’autre

Je vis un visage et le reconnus
Visage aussi doux qu’il était sinistre

Il ne souriait pas et il ne pleurait pas
Larges étaient ses yeux et sa peau était blanche

Je ne souriais pas et je ne pleurais pas
Je levai ma main et caressai sa joue

*

I felt soft fingers at my throat
It seemed someone was strangling me

The lips were hard as they were sweet
It seemed someone was kissing me

My vital bones about to crack
I gaped into another’s eyes

I saw it was a face I knew
A face as sweet as it was grim

It did not smile it did not week
Its eyes were wide and white its skin

I did not smile I did not weep
I raised my hand touched its cheek

***

Harold Pinter (1930-2008)

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~ par schabrieres sur avril 22, 2015.

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