Linda Pastan – Pourquoi tes poèmes sont-ils si sombres ? (Why Are Your Poems So Dark? 2006)

Linda PastanLa lune n’est-elle pas sombre elle aussi,
la plupart du temps ?

Et la page blanche
ne semble-t-elle pas inachevée

sans la tache noire
des alphabets ?

Quand Dieu a exigé la lumière,
il n’a pas banni les ténèbres.

Au contraire il a inventé
l’ébène et les corbeaux

et ce petit grain de beauté
sur ta pommette gauche.

Ou voulais-tu demander
« Pourquoi es-tu triste si souvent? »

Demande à la lune.
Demande-lui ce qu’elle a vu.

*

Isn’t the moon dark too,
most of the time?

And doesn’t the white page
seem unfinished

without the dark stain
of alphabets?

When God demanded light,
he didn’t banish darkness.

Instead he invented
ebony and crows

and that small mole
on your left cheekbone.

Or did you mean to ask
« Why are you sad so often? »

Ask the moon.
Ask what it has witnessed.

***

Linda Pastan (née à New York en 1932)Queen of a Rainy Country (2006) – Traduit de l’anglais par Stéphane Chabrières

Publicités

~ par schabrieres sur avril 29, 2015.

3 Réponses to “Linda Pastan – Pourquoi tes poèmes sont-ils si sombres ? (Why Are Your Poems So Dark? 2006)”

  1. Magnifique texte ! Ça donne envie de découvrir l’œuvre de l’auteur plus en profondeur.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
Littérature portes ouvertes

Littérature contemporaine, poésie française, recherche littéraire...

The Manchester Review

The Manchester Review

poésie : traduction : critique

L'atelier en ligne de Pierre Vinclair

fragm

secousse sismique travaillant l’épaisseur d’une lentille de cristal, cette fin du monde de poche s’exprimait tout entière dans la syllabe fragm, identique de “diaphragme” à “fragment”, comme une paillette pierreuse qu’on retrouve pareille à elle-même dans des roches de structures diverses mais dont les éléments principaux, de l’une à l’autre, demeurent constants (Michel Leiris)

Outlaw Poetry

Even when Death inhabits a poem, he does not own it. He is a squatter. In fact, Death owns nothing. - Todd Moore

Locus Solus: The New York School of Poets

News, links, resources, and commentary on poets and artists of the New York School

Encres désancrées --- Carla Lucarelli

Carnets décousus, Ecriture, Lectures, humeurs, élucubrations, travaux en cours, Images aimées, prises, empruntées

Bonheur des yeux et du palais

sur le fil des jours

Bareknuckle Poet

Journal of Letters

Vallejo & Co.

literatura y más

Revista Conexos

Una revista de arte y literatura, sin fronteras generacionales ni geográficas

%d blogueurs aiment cette page :