Mark Strand – La fin (The End, 1990)

Mark Strand - Photo by Jack Mitchell, 2004Qui sait ce qu’il chantera à la fin,
Regardant la jetée alors que s’éloigne le navire, ou quel sera son sentiment
Quand il sera retenu par la mer grondante, incapable de bouger, à la toute fin,
Ou ce qu’il espérera quand il aura compris que jamais il ne reviendra.

Quand sera passé le temps de tailler les roses ou de caresser les chats,
Quand le crépuscule qui embrase la pelouse et la pleine lune qui la recouvre de givre
N’apparaissent plus, qui sait ce qu’il découvrira à la place ?
Quand le poids du passé ne s’appose plus sur rien, et le ciel

N’est rien de plus qu’un souvenir de lumière, que les histoires de cirrus
Et de cumulus sont terminées, que tous les oiseaux sont suspendus en vol,
Qui sait ce qui l’attend, ou ce qu’il chantera
Quand le bateau sur lequel il a embarqué s’enfonce dans l’obscurité, à la toute fin.

*

Not every man knows what he shall sing at the end,
Watching the pier as the ship sails away, or what it will seem like
When he’s held by the sea’s roar, motionless, there at the end,
Or what he shall hope for once it is clear that he’ll never go back.

When the time has passed to prune the rose or caress the cat,
When the sunset torching the lawn and the full moon icing it down
No longer appear, not every man knows what he’ll discover instead.
When the weight of the past leans against nothing, and the sky

Is no more than remembered light, and the stories of cirrus
And cumulus come to a close, and all the birds are suspended in flight,
Not every man knows what is waiting for him, or what he shall sing
When the ship he is on slips into darkness, there at the end.

***

Mark Strand (1934–2014)The Continuous Life (1990)

Publicités

~ par schabrieres sur mai 7, 2015.

2 Réponses to “Mark Strand – La fin (The End, 1990)”

  1. Particulièrement émouvant. Merci pour le partage 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. Ça fait froid dans le dos mais c’est si beau…

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
Manolis

Greek Canadian Author

Littérature portes ouvertes

Littérature contemporaine, poésie française, recherche littéraire...

The Manchester Review

The Manchester Review

poésie : traduction : critique

L'atelier en ligne de Pierre Vinclair

fragm

secousse sismique travaillant l’épaisseur d’une lentille de cristal, cette fin du monde de poche s’exprimait tout entière dans la syllabe fragm, identique de “diaphragme” à “fragment”, comme une paillette pierreuse qu’on retrouve pareille à elle-même dans des roches de structures diverses mais dont les éléments principaux, de l’une à l’autre, demeurent constants (Michel Leiris)

Outlaw Poetry

Even when Death inhabits a poem, he does not own it. He is a squatter. In fact, Death owns nothing. - Todd Moore

Locus Solus: The New York School of Poets

News, links, resources, and commentary on poets and artists of the New York School

Encres désancrées --- Carla Lucarelli

Carnets décousus, Ecriture, Lectures, humeurs, élucubrations, travaux en cours, Images aimées, prises ou empruntées

Bonheur des yeux et du palais

sur le fil des jours

Bareknuckle Poet

Journal of Letters

Vallejo & Co.

literatura y más

Revista Conexos

Una revista de arte y literatura, sin fronteras generacionales ni geográficas

Laurent DOMERGUE

Sculpture sur bois

%d blogueurs aiment cette page :