Tomas Tranströmer – Les souvenirs m’observent (Minnena ser mig, 1983)

Tomas TranströmerUn matin de juin, alors qu’il est trop tôt
pour s’éveiller et trop tard pour se rendormir.

Je dois sortir dans la verdure saturée
de souvenirs, et ils me suivent des yeux.

Ils restent invisibles, ils se fondent
dans l’ensemble, parfaits caméléons.

Ils sont si près que j’entends leur haleine,
bien que le chant des oiseaux soit assourdissant.

*

A morning in June when it’s too early yet
to wake, and still too late to go back to sleep.

I must go out through greenery that’s crammed
with memories, that follow me with their eyes.

They are not visible, wholly dissolve
into background, perfect chameleons.

They are so close that I can hear them breathe
although the singing of birds is deafening.

***

Tomas Tranströmer (Stockholm, Suède 1931-2015)La place sauvage (Det vilda torget, 1983) – Traduit du suédois par Jacques Outin – « Memories Watch Me » translated by Robert Hass

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~ par schabrieres sur mai 30, 2015.

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