Paul Celan – J’entends…

Paul CelanJ’entends que la hache a fleuri,
j’entends que le lieu n’est pas nommable,

j’entends que le pain qui le regarde
guérit le pendu,
le pain que la femme a cuit pour lui,

j’entends qu’ils disent de la vie
qu’elle est le seul havre et recours.

*

I hear that the axe has flowered,
I hear that the place can’t be named,

I hear that the bread which looks at him
heals the hanged man,
the bread baked for him by his wife,

I hear that they call life
our only refuge.

*

Ich höre, die Axt hat geblüht,
ich höre, der Ort ist nicht nennbar,

ich höre, das Brot, das ihn ansieht,
heilt den Erhängten,
das Brot, das ihm die Frau buk,

ich höre, sie nennen das Leben
die einzige Zuflucht.

***

Paul Celan (1920-1970)Partie de neige (Schneepart, 1971) – Traduit de l’allemand par Jean-Pierre Lefebvre – Translated by Paul Hamburger

Publicités

~ par schabrieres sur juillet 4, 2015.

Une Réponse to “Paul Celan – J’entends…”

  1. Giauques, Van Gogh, Artaud, Celan… Pourquoi sont-ce les artistes qui connaissent les confins de la souffrance qui créent les choses les plus belles ?


    j’entends qu’ils disent de la vie
    qu’elle est le seul havre et recours.

    Il faut nous croire!

    https://misquette.wordpress.com/2015/07/03/273-tuer-le-temps/

    Aimé par 2 people

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
Manolis

Greek Canadian Author

Littérature portes ouvertes

Littérature contemporaine, poésie française, recherche littéraire...

The Manchester Review

The Manchester Review

poésie : traduction : critique

L'atelier en ligne de Pierre Vinclair

fragm

secousse sismique travaillant l’épaisseur d’une lentille de cristal, cette fin du monde de poche s’exprimait tout entière dans la syllabe fragm, identique de “diaphragme” à “fragment”, comme une paillette pierreuse qu’on retrouve pareille à elle-même dans des roches de structures diverses mais dont les éléments principaux, de l’une à l’autre, demeurent constants (Michel Leiris)

Outlaw Poetry

Even when Death inhabits a poem, he does not own it. He is a squatter. In fact, Death owns nothing. - Todd Moore

Locus Solus: The New York School of Poets

News, links, resources, and commentary on poets and artists of the New York School

Encres désancrées --- Carla Lucarelli

Carnets décousus, Ecriture, Lectures, humeurs, élucubrations, travaux en cours, Images aimées, prises ou empruntées

Bonheur des yeux et du palais

sur le fil des jours

Bareknuckle Poet

Journal of Letters

Vallejo & Co.

literatura y más

Revista Conexos

Una revista de arte y literatura, sin fronteras generacionales ni geográficas

Laurent DOMERGUE

Sculpture sur bois

%d blogueurs aiment cette page :