Eugénio De Andrade – Traverser le matin… (1984)

Eugénio De AndradeTraverser le matin jusqu’à la feuille
des peupliers
être frère d’une étoile, ou son fils,
ou peut-être père un jour d’une autre lumière de soie,

ignorer les eaux de mon nom,
les secrètes noces du regard,
les chardons et les lèvres de la soif,
ne pas savoir comment

on finit par mourir d’être une telle hésitation,
un si grand désir
d’être flamme, de brûler ainsi d’étoile
en étoile,

jusqu’à la fin.

*

Descer pela manhã até à folha
dos álamos,
ser irmão duma estrela, ou filho,
ou talvez pai um dia doutra luz de seda,

ignorar as águas do meu nome,
as secretas bodas do olhar,
os cardos e os lábios da sede,
não saber

como se morre de tanto ser hesitação,
de tanto desejar
ser chama, arder assim de estrela
em estrela,

até ao fim.

***

Eugénio De Andrade (Fundão, Portugal 1923 – Porto 2005)Blanc sur blanc (Branco no Branco, 1984)

~ par schabrieres sur août 19, 2015.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :