Fernando Pessoa – Ceci

Fernando PessoaOn dit que je feins, ou mens,
Tout ce que j’écris. C’est faux.
Tout simplement je sens
Avec l’imagination.
Je ne me sers pas du coeur.

Tout ce que j’éprouve, ou rêve,
Ce qui me lèse, ou s’achève,
est comme une terrasse
Sur autre chose encore.
C’est cette chose qui est belle.

C’est pourquoi j’écris au milieu
De ce qui est lointain,
Délivré de mes fascinations,
Sérieux de ce qui ne l’est.
Sentir ? Au lecteur de sentir !

*

Isto

Dizem que finjo ou minto
Tudo que escrevo. Não.
Eu simplesmente sinto
Com a imaginação.
Não uso o coração.

Tudo o que sonho ou passo,
O que me falha ou finda,
È como que um terraço
Sobre outra coisa ainda.
Essa coisa é que é linda.

Por isso escrevo em meio
Do que não está o pé,
Livre do meu enleio,
Sério do que não é.
Sentir? Sinta quem lé!

*

This

They say I pretend or lie
All I write. No such thing.
It simply is that I
Feel by imagining.
I don’t use the heart-string.

All that I dream or lose,
That falls short or dies on me,
Is like a terrace which looks
On another thing beyond.
It’s that thing leads me on.

And so I write in the middle
Of things not next one’s feet,
Free from my own muddle,
Concerned for what is not.
Feel? Let the reader feel!

***

Fernando Pessoa (Lisbonne, Portugal 1888-1935)

Publicités

~ par schabrieres sur septembre 2, 2015.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
Manolis

Greek Canadian Author

Littérature portes ouvertes

Littérature contemporaine, poésie française, recherche littéraire...

The Manchester Review

The Manchester Review

poésie : traduction : critique

L'atelier en ligne de Pierre Vinclair

fragm

secousse sismique travaillant l’épaisseur d’une lentille de cristal, cette fin du monde de poche s’exprimait tout entière dans la syllabe fragm, identique de “diaphragme” à “fragment”, comme une paillette pierreuse qu’on retrouve pareille à elle-même dans des roches de structures diverses mais dont les éléments principaux, de l’une à l’autre, demeurent constants (Michel Leiris)

Outlaw Poetry

Even when Death inhabits a poem, he does not own it. He is a squatter. In fact, Death owns nothing. - Todd Moore

Locus Solus: The New York School of Poets

News, links, resources, and commentary on poets and artists of the New York School

Encres désancrées --- Carla Lucarelli

Carnets décousus, Ecriture, Lectures, humeurs, élucubrations, travaux en cours, Images aimées, prises ou empruntées

Bonheur des yeux et du palais

sur le fil des jours

Bareknuckle Poet

Journal of Letters

Vallejo & Co.

literatura y más

Revista Conexos

Una revista de arte y literatura, sin fronteras generacionales ni geográficas

Laurent DOMERGUE

Sculpture sur bois

%d blogueurs aiment cette page :