Roberto Juarroz – Les paradis perdus n’existent pas… (1988)

Roberto JuarrozLes paradis perdus n’existent pas.
Le paradis est une chose qui se perd tous les jours,
comme se perdent tous les jours la vie,
l’éternité et l’amour.

Ainsi perdons-nous également l’âge
qui semblait croître
et pourtant diminue chaque jour.
car le compte est à l’envers.
Ou ainsi se perd la couleur de ce qui existe,
en descendant comme un animal bien dressé
marche par marche,
jusqu’à ce que nous soyons sans couleur.

Et comme nous savons au surplus
que les paradis futurs non plus n’existent pas,
il ne reste alors d’autre issue
que d’être le paradis.

*

No existen paraísos perdidos.
El paraíso es algo que se pierde todos los días,
como se pierden todo los días la vida,
la eternidad y el amor.

Así tambien se nos pierde la edad,
que parecía crecer
y sin embargo disminuye cada día,
porque la cuenta es al revés.
O así se pierde el color de cuanto existe,
descendiendo como un animal amaestrado
escalón por escalón,
hasta que nos quedamos sin color.

Y ya que sabemos además
que tampoco existen paraísos futuros,
no hay más remedio, entonces,
que ser el paraíso.

***

Roberto Juarroz (1925-1995)Onzième poésie verticale (Undécima poesía vertical, 1988) – Traduit de l’espagnol par Roger Munier

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~ par schabrieres sur septembre 6, 2015.

Une Réponse to “Roberto Juarroz – Les paradis perdus n’existent pas… (1988)”

  1. Ici et maintenant 😉

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