Roberto Juarroz – La cloche est pleine de vent… (1975)

Caspar David Friedrich - Nuages passant (1920)La cloche est pleine de vent,
bien qu’elle ne sonne.
l’oiseau est plein de vol,
bien qu’il ne bouge.
le ciel est plein de nuages,
bien qu’il soit seul.
la parole est pleine de voix
bien que nul ne la dise.
Toute chose est pleine de fuites,
bien qu’il n’y ait pas de chemins.

Toutes choses fuient
vers leur présence.

*

La campana está llena de viento,
aunque no suene.
El pájaro está lleno de vuelo,
aunque esté quieto.
El cielo está lleno de nubes,
aunque esté solo.
La palabra está llena de voz,
aunque nadie la diga.
Toda cosa está llena de fugas,
aunque no haya caminos.

Todas las cosas huyen
hacia su presencia.

*

The bell is full of wind
though it does not ring.
The bird is full of flight
though it is still.
The sky is full of clouds
through it is alone.
The word is full of voice
though no one speaks it.
Everything is full of fleeing
though there are no roads.

Everything is fleeing
toward its presence.

***

Roberto Juarroz (1925-1995)Sexta poesía vertical (1975) – Translated by W.S. Merwin

~ par schabrieres sur septembre 21, 2015.

Une Réponse to “Roberto Juarroz – La cloche est pleine de vent… (1975)”

  1. Ce que l’Amour a de plus doux, ce sont ses violences ;
    son abîme insondable est sa forme la plus belle ;
    se perdre en lui, c’est atteindre le but ;
    être affamé de lui c’est se nourrir et se délecter ;
    l’inquiétude d’amour est un état sûr ;
    sa blessure la plus grave est un baume souverain ;
    languir de lui est notre vigueur ;
    c’est en s’éclipsant qu’il se fait découvrir ;
    s’il fait souffrir, il donne pure santé ;
    s’il se cache, il nous dévoile ses secrets ;
    c’est en se refusant qu’il se livre ;
    il est sans rime ni raison et c’est sa poésie ;
    en nous captivant il nous libère ;
    ses coups les plus durs sont ses plus douces consolations ;
    s’il nous prend tout, quel bénéfice !
    c’est lorsqu’il s’en va qu’il nous est le plus proche ;
    son silence le plus profond est son chant le plus haut ;
    sa pire colère est sa plus gracieuse récompense ;
    sa menace nous rassure
    et sa tristesse console de tous les chagrins :
    ne rien avoir, c’est sa richesse inépuisable.

    Hadewijch D’Anvers, Les paradoxes de l’amour.

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