Basile Bernard De Bodt – Tant de tort

Basile Bernard De Bodt - Et paf !

De ses premières années il ne devait garder aucun souvenir
De ses premières années il ne devait garder aucun souvenir
Mais plus tard, bien plus tard, en cherchant autour de ses frères morts
Il devait retrouver plus tard, bien plus tard ce qui l’avait tant troublé
Tant de tort, tant de tort, tant de tort papa
Est-il possible que tu leur aies fait tant de tort ?
Tant de tort, tant de tort, tant de tort papa
Est-il possible que tu leur aies fait tant de tort ?

Plus tard, bien plus tard, lui pardonner c’était son plus grand souhait
Lui pardonner c’était son plus grand souhait
A quoi bon lui en vouloir après tant d’années ?
A quoi bon lui en vouloir quand il est tellement trop tard

Et ce fût la nuit de sa première chanson
Cette première chanson qui lui troua le coeur
Il ne savait en la chantant
Si c’était l’heure du bonheur ou du malheur
Tant de tort, tant de tort papa
Est-il possible que tu leur aies fait tant de tort ?

C’est en cherchant autour de ses frères morts
Qu’il trouva ce qui lui avait fait
Tant de tort, tant de tort, tant de tort papa
Est-il possible que tu nous aies fait
Tant de tort, tant de tort papa ?

Il se disait : je remets à Dieu le soin de te pardonner
A travers ce baiser que je vais déposer
Sur ton front que je n’ai encore jamais embrassé
Puis il doutait , tant de tort, tant de tort, tant de tort papa
Vais-je jamais y arriver ?
Et ce fût le chemin et ce fût le train, le train
Et encore un train, un train

Et c’est dans cette chambre d’une maison de retraite en béton froid et dur

Qu’il put enfin casser le mur
casser le mur
casser le mur
Qui l’avait séparé de cet ex homme dur
Cet ex homme dur qui aujourd’hui entre ces quatre murs
N’était plus rien qu’un tout petit corps à la dérive
Bientôt sur l’autre rive papa
Sans force ni armure

Casser le mur
Casser le mur
Casser le mur
Qui l’avait tant séparé de cet ex homme dur

Et c’est dans cette chambre froide aux murs de béton dur
Qu’il put déposer son baiser sur le front de cet homme
Qu’il n’avait encore jamais embrassé
Qu’il n’avait encore jamais touché papa
Tant de tort, tant de tort, tant de tort papa
Est-il possible que tu nous aies fait tant de tort
Combien de nuits devrai-je encore chanter ma chanson du pardon
Nu et seul sous la lune
Où reviennent malgré moi ces mots si forts :
Tant de tort, tant de tort, tant de tort papa
Est-il possible que tu nous aies fait un si grand tort ?

***

Basile Bernard De Bodt – Paris, 25 9 2015

Basile Bernard De Bodt - En chemin

 

Publicités

~ par schabrieres sur octobre 8, 2015.

Une Réponse to “Basile Bernard De Bodt – Tant de tort”

  1. C’est original et très beau, ça sonne comme une chanson, bonne.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
Manolis

Greek Canadian Author

Littérature portes ouvertes

Littérature contemporaine, poésie française, recherche littéraire...

The Manchester Review

The Manchester Review

poésie : traduction : critique

L'atelier en ligne de Pierre Vinclair

fragm

secousse sismique travaillant l’épaisseur d’une lentille de cristal, cette fin du monde de poche s’exprimait tout entière dans la syllabe fragm, identique de “diaphragme” à “fragment”, comme une paillette pierreuse qu’on retrouve pareille à elle-même dans des roches de structures diverses mais dont les éléments principaux, de l’une à l’autre, demeurent constants (Michel Leiris)

Outlaw Poetry

Even when Death inhabits a poem, he does not own it. He is a squatter. In fact, Death owns nothing. - Todd Moore

Locus Solus: The New York School of Poets

News, links, resources, and commentary on poets and artists of the New York School

Encres désancrées --- Carla Lucarelli

Carnets décousus, Ecriture, Lectures, humeurs, élucubrations, travaux en cours, Images aimées, prises ou empruntées

Bonheur des yeux et du palais

sur le fil des jours

Bareknuckle Poet

Journal of Letters

Vallejo & Co.

literatura y más

Revista Conexos

Una revista de arte y literatura, sin fronteras generacionales ni geográficas

Laurent DOMERGUE

Sculpture sur bois

%d blogueurs aiment cette page :