Karin Boye – À La beauté (1922)

Karin BoyeQuand tombent nos dieux
et que nous restons seuls au milieu des décombres
sans plus d’attache sous nos pieds
que la sphère dans l’espace –
alors un instant tu te laisses entrevoir, auguste Beauté.
Alors, alors seulement.
Implacable comme le feu, tu consoles:
“Tout peut s’écrouler – je suis immortelle.”
Ô demeure, demeure, Beauté sacrée,
et sauve mon âme
du mensonge d’un infini chagrin.

*

To beauty

When our gods fall
and we stand alone among wreckage,
as much without a hold for our feet any longer
as spheres in space –
then you are dimly seen for a moment, lofty Beauty.
Then, only then.
As stern as fire you speak consolation:
‘Whatever else falls – I remain.’
O stay, stay, holy one,
and save my soul
from the falsehood of a measureless sorrow!

*

Till skönheten

När våra gudar falla
och vi stå ensamma bland spillror,
så utan fäste mer för våra fötter
som klot i rymden —
då skymtar du ett ögonblick, du höga Skönhet.
Då, endast då.
Så sträng som eld du talar tröst:
« Vad som än faller — jag står åter. »
O stanna, stanna, heliga,
och fräls min själ
från lögnen av en måttlös sorg!

***

Karin Boye (Göteborg, Suède 1900-1941)Nuages (Moln, 1922) – Traduit du suédois par Caroline Chevallier – Translated into English by David McDuff

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~ par schabrieres sur octobre 16, 2015.

Une Réponse to “Karin Boye – À La beauté (1922)”

  1. […] [Texte découvert sur le site « Beauty will save the world », voir lien ci-dessous] https://schabrieres.wordpress.com/2015/10/16/karin-boye-a-la-beaute-1922/ […]

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