Marina Tsvétaïeva – Les poètes

Marina Tsvetaeva au début des années 1930. - DR/ED. DES SYRTESIl y a au monde des hommes en trop,
Des superflus, pas dans la norme.
(Sortis des dictionnaires et répertoires,
Ils ont une fosse pour demeure.)

Il y a au monde des gens creux, muets,
On les rejette comme du fumier
Ils sont un clou dans la chaussure,
Ils éclaboussent vos pans de soie !

Il y a au monde des menteurs :
(Ou invisibles, marqués de lèpre)
Ils sont, au monde, semblables à Job
Envieux de son destin s’ils le pouvaient…

Nous les poètes, nous rimons
Avec paria, mais sortis de nos berges
Nous disputons leurs dieux aux déesses
Et aux dieux des vierges-princesses !

*
There are the extras, the unneeded
That do not fit within the norm.
(Not counting in your dictionaries
To them the landfill is their home).

There are the hollow, the pushed-down,
There are the mute – like dung,
Nail – to your silken skirt hem!
Dirt from under the wheels is wrung!

There are the unseen, the imaginary:
(Sign: speck of an autumn hen!)
There are the Jobs within the world
That would have envied Job – when:

We’re poets – and in rhyme with pariahs,
But from the shore thus having gone,
We argue over God with goddesses
And argue over girls with gods!

***

Marina Tsvétaïeva (Moscou, Russie 1892-1941) 22 avril 1923 – Translated by Ilya Shambat

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~ par schabrieres sur octobre 26, 2015.

2 Réponses to “Marina Tsvétaïeva – Les poètes”

  1. Oh magnifique ! Merci

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  2. J’adore celui-ci ! merci pour la découverte

    J'aime

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