Claude Vigée – L’art de la fugue (1954)

Claude VigéeMourir, c’est retrouver la terre désirée,
S’endormir dans les eaux de l’origine,
Téter le sein nourricier de la nuit.
Mourir, c’est embrasser le monde bien-aimé.
Qui n’aime pas devient
La lande abandonnée.
Qui ne s’est pas ouvert
Sera pierre fermée.
Qui méprisa rejoint
La cendre secouée.

Mourir, c’est perdre pied sur le bord de l’écueil,
Puis chavirer dans la mer étrangère :
S’enliser dans le marais du silence.
Mourir, c’est passer dans le monde mal-aimé.

Chaque homme se destine
A la mort qui lui plaît.
Mourir, c’est s’accomplir,
Mourir, c’est s’engloutir.
La mort est ta patrie,
La mort est ton exil.

Mourir, c’est devenir le monde où tu vivais.

***

Claude Vigée (né en 1921)La corne du grand pardon (1954)

~ par schabrieres sur janvier 11, 2016.

3 Réponses to “Claude Vigée – L’art de la fugue (1954)”

  1. A reblogué ceci sur HENOSOPHIA τοποσοφια μαθεσις υνι√ερσαλις οντοποσοφιαet a ajouté:
    ma patrie et on exil.. Le plus proche et le plus lointain

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  2. Mourir c’est devenir le monde où tu vivais…le néant.

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  3. Très beau🙂
    Enfer Paradis Néant… à nous de CHOISIR!🙂

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