Al Berto – Les bateaux sont la dernière image qui nous reste pour fuir… (1985)

Al Bertoles bateaux sont la dernière image qui nous reste pour fuir
mais seules les paroles nous enivrent
ce sont les longues flammes qui dévorent les bateaux et la mémoire
où nous voyageons
nous oublions ce qu’on nous a enseigné
et si par hasard nous ouvrions les yeux
l’un vers l’autre
nous trouverions une autre immobilité un autre abîme
un autre corps raidi
palpitant dans l’imperceptible et nocturne blessure

je passe la nuit dans la vie précaire du feu
cette rumeur de mains qui effleure le corps
endormi dans la surface du miroir
je suis saisi du désir trouble de te réveiller
et de la peur de vouloir encore tout réinventer

*

os barcos são a única imagem que resta para fugir
mas só as palavras nos embriagam
são labareda que devora os barcos e a memória
onde nos movíamos
esquecemos o que nos ensinaram
e se por acaso abríssemos os olhos
um para o outro
encontraríamos outra imobilidade outro abismo
outro corpo hirto
latejando na imperceptível ferida nocturna

pernoito na precária vida do fogo
este rumor de mãos ao de leve pelo corpo
adormecido na superfície do espelho
assalta-me o desejo incerto de te acordar
e o medo de querer de novo tudo reinventar

***

Al Berto (Coimbra, Portugal 1948—1997)Une existence de papier (Uma existência de papel, 1985) – Traduit du portugais par Michel Chandeigne

~ par schabrieres sur juin 19, 2016.

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