Agota Kristof – Berceuse

Agota KristofFais ton lit et couche-toi
et regarde par la fenêtre
comment grandissent au-dehors
le printemps et la tristesse
le ciel n’est qu’un immense
chagrin bleu
et les arbres éclatent de sanglots
à chaque éclosion de fleurs.
Toi, ne pleure pas, enlève tes habits
enlève ta vie,
élance-toi nue, et réjouis-toi
d’être seule
dans le printemps
dans le ciel dans les arbres
dans la lumière
réjouis-toi de ne pas te lever
plus parler, plus répondre
plus marcher.
Ne pense pas au froid ne bouge pas
sur ton corps blanc
le soleil descendra
quand les maisons d’en face
seront démolies
et aussi les cheminées et
les antennes de la télévision.

***

Agota Kristof (1935-2011)Clous, Szögek (Editions Zoé, 2016) – Traduit du hongrois par Maria Maïlat

Enregistrer

Publicités

~ par schabrieres sur août 29, 2016.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
Manolis

Greek Canadian Author

Littérature portes ouvertes

Littérature contemporaine, poésie française, recherche littéraire...

The Manchester Review

The Manchester Review

poésie : traduction : critique

L'atelier en ligne de Pierre Vinclair

fragm

secousse sismique travaillant l’épaisseur d’une lentille de cristal, cette fin du monde de poche s’exprimait tout entière dans la syllabe fragm, identique de “diaphragme” à “fragment”, comme une paillette pierreuse qu’on retrouve pareille à elle-même dans des roches de structures diverses mais dont les éléments principaux, de l’une à l’autre, demeurent constants (Michel Leiris)

Outlaw Poetry

Even when Death inhabits a poem, he does not own it. He is a squatter. In fact, Death owns nothing. - Todd Moore

Locus Solus: The New York School of Poets

News, links, resources, and commentary on poets and artists of the New York School

Encres désancrées --- Carla Lucarelli

Carnets décousus, Ecriture, Lectures, humeurs, élucubrations, travaux en cours, Images aimées, prises ou empruntées

Bonheur des yeux et du palais

sur le fil des jours

Bareknuckle Poet

Journal of Letters

Vallejo & Co.

literatura y más

Revista Conexos

Una revista de arte y literatura, sin fronteras generacionales ni geográficas

Laurent DOMERGUE

Sculpture sur bois

%d blogueurs aiment cette page :