Leonardo Sinisgalli – Deux langues de feu (Due fiammelle, 1966)

Leonardo SinisgalliVous avez laissé dans mes yeux
une étoile obscure,
l’odeur des hivers
entre les pages éteintes
de mes vieux cahiers.
Moi, j’ai vécu au coeur
de votre ciel ardent,
brûlant comme vous
ma vie pour rien.

*

Voi lasciaste una stella
oscura nei miei occhi,
l’odore degli inverni
tra le pagine estinte
dei miei vecchi quaderni.
Io vissi dentro il cuore
del vostro cielo ardente
e bruciai come voi
la mia vita per niente.

***

Leonardo Sinisgalli (Montemurro, Italie 1908-1981)Poèmes d’hier (Poesie di ieri, 1966) – Traduit de l’italien par Odette Kaan

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~ par schabrieres sur août 30, 2016.

Une Réponse to “Leonardo Sinisgalli – Deux langues de feu (Due fiammelle, 1966)”

  1. W B Yeats demanda trois fois en mariage la femme qu’il aimait sur une période de plus de 20 ans, il essuya refus sur refus …

    Et puis il vieillissait, d’où ce poème

    On devient sage avec le temps
     
    Je suis fatigué de rêver
    Triton de marbre usé par les pluies et les vents
    Sous le flot des fontaines ;
    Et tous les jours je contemple
    La beauté de cette femme
    Comme si j’avais trouvé dans un livre
    Le portrait d’une beauté,
    Heureux de m’en emplir les yeux
    Ou les oreilles attentives
    Enchanté de n’être que sage
    Puisqu’on ne l’est qu’avec le temps ;
    Et pourtant, et pourtant,
    Ceci est-il mon rêve, ou la vérité ?
    Ah, je voudrais que nous nous soyons rencontrés
    Au temps où je brûlais ma jeunesse !
    Mais j’ai vieilli parmi les rêves,
    Triton de marbre usé par les pluies et les vents
    Sous le flot des fontaines
     
    William Butler Yeats, extrait de Les Cygnes sauvages de Coole, édition bilingue, trad. Jean-Yves Masson, Verdier, 1990, P. 32

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