Edoardo Sanguineti – Gravez-les en toutes lettres… (1997)

Edoardo SanguinetiGravez-les en toutes lettres, lecteurs testamentaires (c’est à mes écoliers que je parle,
mes hypocrites enfants, les philoprolétaires qui me ressemblent tant, innombrables,
désormais, comme les grains de sable de mon désert vide), ces paroles miennes, sur ma tombe,
avec la salive, en vous trempant un doigt dans la bouche : (comme je le trempe, maintenant,
entre les excessifs abcès de mes gencives glacées) :
j’en ai joui, moi de ma vie :

*

incidetele a lettere di scatola, miei lettori testamentari (e parlo ai miei scolari,
gli ipocriti miei figli, i filoproletari che tanto mi assomigliano, innumerevoli,
ormai, come i grani di sabbia del vacuo mio deserto), queste parole mie, sopra la tomba
mia, con la saliva, intingendovi un dito nella bocca: (come io lo intingo, adesso,
tra gli eccessivi ascessi delle algide mie gengive):
me la sono goduta, io, la mia vita:

***

Edoardo Sanguineti (Gênes, 1930-2010)Corollaire (Corollario, 1997) – Traduit de l’italien par Patrizia Atzei et Benoît Casas

Publicités

~ par schabrieres sur août 31, 2016.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
Manolis

Greek Canadian Author

Littérature portes ouvertes

Littérature contemporaine, poésie française, recherche littéraire...

The Manchester Review

The Manchester Review

poésie : traduction : critique

L'atelier en ligne de Pierre Vinclair

fragm

secousse sismique travaillant l’épaisseur d’une lentille de cristal, cette fin du monde de poche s’exprimait tout entière dans la syllabe fragm, identique de “diaphragme” à “fragment”, comme une paillette pierreuse qu’on retrouve pareille à elle-même dans des roches de structures diverses mais dont les éléments principaux, de l’une à l’autre, demeurent constants (Michel Leiris)

Outlaw Poetry

Even when Death inhabits a poem, he does not own it. He is a squatter. In fact, Death owns nothing. - Todd Moore

Locus Solus: The New York School of Poets

News, links, resources, and commentary on poets and artists of the New York School

Encres désancrées --- Carla Lucarelli

Carnets décousus, Ecriture, Lectures, humeurs, élucubrations, travaux en cours, Images aimées, prises ou empruntées

Bonheur des yeux et du palais

sur le fil des jours

Bareknuckle Poet

Journal of Letters

Vallejo & Co.

literatura y más

Revista Conexos

Una revista de arte y literatura, sin fronteras generacionales ni geográficas

Laurent DOMERGUE

Sculpture sur bois

%d blogueurs aiment cette page :