Milan Rúfus – L’enfant peint un arc-en-ciel (Chlapec mal’uje dúhu)

Milan RúfusAveugle comme
l’oisillon à peine éclos
tout tendre
et hardi comme l’inconscience
l’amour m’a fait connaître la douleur
semblable au sel, je n’en connaissais pas le prix.

Le jour s’est assombri
une angoisse enragée a fouetté
ses chevaux gris
sur ses genoux désertés le poème a découpé des ailes
et commis de tristes rimes.

Et l’arc-en-ciel d’été s’abreuve
aux eaux troubles
comme aujourd’hui ma paix boit à mes veines.
Pardonne-moi,
joie,
si j’ai blasphémé de toi
avant même d’avoir appris à aimer.

*

A Boy Paints a Rainbow

Blind, too,
like a fledgling,
and tender
and unconsciously brazen,
love offered me pain;
like salt, I didn’t know its worth.

And the day grew dark
and a mad anguish whipped on
the day’s gray horses.
The poem folded its wings in an empty lap
and with a sad rhyme sinned.

Yet from murky waters
the summer rainbow drinks
just as my repose from my veins today.
Forgive me,
joy,
if I blasphemed you
before I learned to love.

***

Milan Rúfus (Bratislava, Slovaquie 1928-2009)L’inquiétude du coeur – Traduit du slovaque par Arlette Cornevin – Translated from the Slovak by Ewald Osers, Viera and James Sutherland-Smith

Publicités

~ par schabrieres sur septembre 15, 2016.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
Manolis

Greek Canadian Author

Littérature portes ouvertes

Littérature contemporaine, poésie française, recherche littéraire...

The Manchester Review

The Manchester Review

poésie : traduction : critique

L'atelier en ligne de Pierre Vinclair

fragm

secousse sismique travaillant l’épaisseur d’une lentille de cristal, cette fin du monde de poche s’exprimait tout entière dans la syllabe fragm, identique de “diaphragme” à “fragment”, comme une paillette pierreuse qu’on retrouve pareille à elle-même dans des roches de structures diverses mais dont les éléments principaux, de l’une à l’autre, demeurent constants (Michel Leiris)

Outlaw Poetry

Even when Death inhabits a poem, he does not own it. He is a squatter. In fact, Death owns nothing. - Todd Moore

Locus Solus: The New York School of Poets

News, links, resources, and commentary on poets and artists of the New York School

Encres désancrées --- Carla Lucarelli

Carnets décousus, Ecriture, Lectures, humeurs, élucubrations, travaux en cours, Images aimées, prises, empruntées

Bonheur des yeux et du palais

sur le fil des jours

Bareknuckle Poet

Journal of Letters

Vallejo & Co.

literatura y más

%d blogueurs aiment cette page :