Rainer Maria Rilke – Un même espace unit tous les êtres…

Christian Schloe -The Dreaming TreeUn même espace unit tous les êtres : espace
intérieur au monde. En silence l’oiseau
vole au travers de nous. Ô, moi, qui veut grandir,
je regarde au-dehors, et en moi grandit l’arbre.

*

Durch alle Wesen reicht der eine Raum:
Weltinnenraum. Die Vo¨gel fliegen still
durch uns hindurch. O, der ich wachsen will,
ich seh hinaus, und in mir wächst der Baum.

*

Through every being goes a single space:
worldinnerspace. The birds fly silently
through us. O, if I wish to grow apace,
I look outside, and in me grows the tree.

***

Rainer Maria Rilke (1875-1926)

~ par schabrieres sur novembre 4, 2016.

4 Réponses to “Rainer Maria Rilke – Un même espace unit tous les êtres…”

  1. Ce n’est même plus « J’aime ». Il n’y a pas de clic pour j’adore !!! Un immense poète qui de ses mots fait jaillir l’émotion primale. Merci pour le partage 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. Toutes choses, ou presque, font signe à nos cinq sens,
    « Oh, souviens-toi! » souffle le moindre tournant.
    Un jour que nous perdîmes par négligence
    résout de se donner dans le suivant.

    Qui compte donc nos gains? Qui nous exclut
    des temps anciens, de ces années qui ont fui?
    Depuis l’enfance, qu’avons-nous donc appris,
    sinon qu’est l’un par l’autre reconnu?

    Sinon qu’en nous est la tiédeur embrasée?
    Maison, pente des prés, lueur du soir,
    d’un visage, soudain, presque tu les pares
    et te tiens en nous, embrassante et embrassée.

    L’unique espace traverse tout être : univers
    d’espace intime. Et les oiseaux silencieux
    volent à travers nous. Grandir, je le veux :
    je vois dehors, et en moi grandit l’arbre vert.

    Je me tourmente, et en moi se tient la maison.
    Je me méfie, et en moi le fiable veille.
    Aimé que je suis devenu! : en moi sommeille
    et pleure le beau reflet de la création.

    Almost all things invite our feeling,
    each twist and turn whispers: do reminisce!
    It wants to be a future offering,
    that day to which we didn’t pay notice.

    Who tallies our gains? Who does sever
    us from old times, from years that won’t return?
    And since the beginning, what did we learn
    but that one finds oneself in the other?

    But that, by us, lukewarmth with warmth is graced?
    The house, the meadow slope, the evening rays,
    you suddenly nearly give them a face
    and lie by us, embracing and embraced.

    The space unique through all the creatures flows:
    world-inner-space. The calm birds fly and go
    through us, oh, right through us. I wish to grow:
    I look outside, and in me the tree grows.

    I am worried, and in me the house lies.
    I am wary, and in me waits safety.
    Beloved that I’ve become!: there sleeps by me
    creation’s sweet image, and how it cries!

    Traductions personnelles

    Es winkt zu Fühlung fast aus allen Dingen,
    aus jeder Wendung weht es her: Gedenk!
    Ein Tag, an dem wir fremd vorübergingen,
    entschließt im künftigen sich zum Geschenk.

    Wer rechnet unseren Ertrag? Wer trennt
    uns von den alten, den vergangnen Jahren?
    Was haben wir seit Anbeginn erfahren,
    als dass sich eins im anderen erkennt?

    Als dass an uns Gleichgültiges erwarmt?
    O Haus, o Wiesenhang, o Abendlicht,
    auf einmal bringst du’s beinah zum Gesicht
    und stehst an uns, umarmend und umarmt.

    Durch alle Wesen reicht der eine Raum:
    Weltinnenraum. Die Vögel fliegen still
    durch uns hindurch. O, der ich wachsen will,
    ich seh hinaus, und in mir wächst der Baum.

    Ich sorge mich, und in mir steht das Haus.
    Ich hüte mich, und in mir ist die Hut.
    Geliebter, der ich wurde: an mir ruht
    der schönen Schöpfung Bild und weint sich aus

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  3. Le vent saigne.

    J'aime

  4. A reblogué ceci sur Les Passeurs.

    J'aime

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