June Shenfield – Les rivages…

Lecture de June Shenfield au Marché de la Poésie.les rivages
plus monstrueux
les uns
que les autres
refusent
l’empreinte de mes pas
les marées
anéantissent ces
châteaux
que je n’ai d’autre
moyen de construire
qu’en sable auquel
je n’ai moyen de
m’accrocher
qu’en rêve
sur un radeau
brisé
qu’emporte
incessant
le ressac
vague
après vague
en froids
rappels
du temps
révolu.

*

each shore
more
monstrous
than the next
rejects my
footprints
the tides crush
down those
castles
I find no other
way to build
no other ways
to cling to
sand
but dream
on a broken
raft
carried along
by the
never-ending
waves
each one
a cold
reminder
of what
has been.

***

June Shenfield (? – 2004) – Tristesse, Sorrow (2004) – Editions l’Inventaire – Traduit de l’anglais (Australie) par Jean Migrenne.

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~ par schabrieres sur décembre 26, 2016.

4 Réponses to “June Shenfield – Les rivages…”

  1. June Shenfield – L’arpenteuse du Marché

    Figure (et voix) bien connue des habitués du Marché de la Poésie, June Shenfield est décédée le 13 décembre 2004, six mois après avoir lancé son unique recueil bilingue : Sorrow /Tristesse (éd. de l’Inventaire). Il fut un temps où il suffisait d’écrire « Je pense » pour être. June écrivait pour être. Pour ne plus penser. Être, c’est le problème du déraciné, de tout organisme qui, un jour, se retrouve libéré d’attaches séculaires par des circonstances qui ébranlent le monde et les consciences. Être libéré c’est se voir imposer reconstruction et recherche de nouveaux équilibres, nationaux, familiaux ou sentimentaux. Il faut pouvoir gérer ce trop plein d’équilibre, et pour qui n’est acrobate ni de profession ni par nature, il n’en résulte que davantage de déséquilibre. Et encore faudrait-il que le corps de l’être libéré ainsi que son esprit soient capables de synergie. Cette incapacité, June Shenfield l’a payée de sa vie.Trahie par son corps, perturbée dans son esprit, elle avait choisi la poésie pour tenter d’exprimer avec une énergie incroyable l’accablement et la frustration que lui imposait la vie. Il en est résulté une œuvre brève magnifiquement écrite, mais un long cri de révolte, d’impuissance et d’incompréhension : « Pourquoi ça ? Pourquoi moi ? » N’y aurait-il de bonne (et forte) poésie, que celle de la révolte devant la souffrance ? On serait tenté de le croire à la lecture de celle dont la voix s’est tue. En paix, enfin.

    Jean Migrenne, traducteur de June Shenfield.

    Aimé par 3 personnes

  2. L’écriture est la vie.

    L’écriture est de
    l’ordre du besoin et pas
    de la simple envie.

    Elle permet à certains
    de pouvoir rester en vie.

    * »Je puis bien, dans la vie et dans la peinture, me passer du Bon Dieu. Mais je ne puis pas, moi, souffrant, me passer de quelque chose qui est plus grand que moi, qui est ma vie : la puissance de créer […] »

    Vincent Van Gogh, Lettres à Théo

    Aimé par 2 personnes

  3. De 1985 à 1991, je lui rendais visite dans la librairie australienne qu’elle tenait avec Ken Shepherd à Saint-Denis.

    Voir aussi

    http://www.lutecium.org/stp/cochonfucius/fen.html

    Aimé par 3 personnes

  4. […] Que vers le rivage du doute […]

    J'aime

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