Karl Kraus – Que l’on ne me demande pas ce que j’ai fait tout ce temps… (1933)

Karl Kraus. Photographie. Um 1913Que l’on ne me demande pas ce que j’ai fait tout ce temps.
Je resterai muet ;
Et ne dirai pas pourquoi.
Et le silence fait que la terre tremble.
Aucun mot n’a convenu ;
L’on ne parle que dans son sommeil.
Et l’on rêve d’un soleil rieur.
Le mot passe ;
Puis il s’avère avoir été vain.
Le mot s’est éteint lorsque ce temps s’est éveillé.

*

Man frage nicht, was all die Zeit ich machte.
Ich bliebe stumm;
und sage nicht, warum.
Und Stille gibt es, daß die Erde krachte.
Kein Wort, das traf;
man spricht nur aus dem Schlaf.
Und träumt von einer Sonne, welche lachte.
Es geht vorbei;
nachher war’s einerlei.
Das Wort entschlief, als jene Zeit erwachte.

*

Let no one ask what I’ve been doing since I spoke.
I have nothing to say
and won’t say why.
And there’s stillness since the earth broke.
No word was right;
a man sleeps only from his sleep at night.
And dreams of a sun that joked.
It passes; and later
it didn’t matter.
The Word went under when that world awoke.

***

Karl Kraus (1874 Jičín, Bohême – Vienne, Autriche 1936)Die Fackel (Le Flambeau) Nr. 888, Oktober 1933 – Translated by Jonathan Franzen – The Kraus Project (2013)

Publicités

~ par schabrieres sur février 3, 2017.

Une Réponse to “Karl Kraus – Que l’on ne me demande pas ce que j’ai fait tout ce temps… (1933)”

  1. C’est beau mais obscur. Dur de mettre un sens

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
Manolis

Greek Canadian Author

Littérature portes ouvertes

Littérature contemporaine, poésie française, recherche littéraire...

The Manchester Review

The Manchester Review

poésie : traduction : critique

L'atelier en ligne de Pierre Vinclair

fragm

secousse sismique travaillant l’épaisseur d’une lentille de cristal, cette fin du monde de poche s’exprimait tout entière dans la syllabe fragm, identique de “diaphragme” à “fragment”, comme une paillette pierreuse qu’on retrouve pareille à elle-même dans des roches de structures diverses mais dont les éléments principaux, de l’une à l’autre, demeurent constants (Michel Leiris)

Outlaw Poetry

Even when Death inhabits a poem, he does not own it. He is a squatter. In fact, Death owns nothing. - Todd Moore

Locus Solus: The New York School of Poets

News, links, resources, and commentary on poets and artists of the New York School

Encres désancrées --- Carla Lucarelli

Carnets décousus, Ecriture, Lectures, humeurs, élucubrations, travaux en cours, Images aimées, prises, empruntées

Bonheur des yeux et du palais

sur le fil des jours

Bareknuckle Poet

Journal of Letters

Vallejo & Co.

literatura y más

%d blogueurs aiment cette page :