Ferreira Gullar – Art poétique

Ferreira GullarJe ne veux pas mourir je ne veux
pas pourrir dans le poème
que le cadavre de mes après-midi
ne vienne pas empester ta matinée heureuse
et la lueur
que ta bouche allume au hasard des mots
quoique née de la mort
s’ajoute
aux autres feux du jour
aux bruits de la maison et de l’avenue
dans le présent véloce

Rien qui ne puisse paraître
oiseau empaillé fleur
momifiée
dans le livre
et ce qui de la nuit revient
qu’il revienne en flammes
ou entaillé

vertigineusement comme le jasmin
qui en une étincelle
éclaire la ville entière.

*

Arte poética

Não quero morrer não quero
apodrecer no poema
que o cadáver de minhas tardes
não venha feder em tua manhã feliz
e o lume
que tua boca acenda acaso das palavras
– ainda que nascido da morte –
some-se aos outros fogos do dia
aos barulhos da casa e da avenida
no presente veloz

Nada que se pareça
a pássaro empalhado, múmia
de flor
dentro do livro
e o que da noite volte
volte em chamas
ou em chaga

vertiginosamente como o jasmim
que num lampejo só
ilumina a cidade inteira.

***

Ferreira Gullar (São Luís, Brésil 1930 – Rio de Janeiro 2016)Dans le vertige du jour (Na vertigem do dia, 1980) – Traduit du portugais du Brésil par Michel Riaudel

Publicités

~ par schabrieres sur février 4, 2017.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

 
Reading in Translation

Translations reviewed by translators

Diabolus In Musica

Lossless Classical Resources

Ricardo Blanco's Blog

Reflections on the mutable universe

Digo.palabra.txt

Literatura para generaciones pixeladas

AFROpoésie

Le site des poésies africaines

La Labyrinthèque

Histoire de l'art jouissive & enchantements littéraires

Je pleure sans raison que je pourrais vous dire

« Je pleure sans raison que je pourrais vous dire, c'est comme une peine qui me traverse, il faut bien que quelqu'un pleure, c'est comme si c'était moi. » M. D.

verseando

algunos poemas y otros textos

Traversées, revue littéraire

Poésies, études, nouvelles, chroniques

Le Carnet et les Instants

Revue des Lettres belges francophones

Borntobeanomad

The world is your home.

%d blogueurs aiment cette page :