Michaël Glück – À l’orée de la parole…

à l’orée de la parole
le poème commence
par le silence entre deux haies

nous avons été dis-tu
une lente forêt en marche
une lente forêt de signes

nous avons été
aux abois

on nous a dépouillés
nous avons survécu

nous sommes écritures

nous sommes
idéogrammes de l’hiver

un à un murmurent
nos grands corps étêtés

nul ne sait si nous ébauchons
des battements d’ailes
ou si nous implorons

arbres nous sommes
nous étions oiseaux

au fond de ma gorge
s’épuise une mésange

au fond de ma gorge
la cendre est sans mémoire
la salive sans témoin

le goût des mots
nous tient debout

***

Michaël Glück (né en 1946 à Paris)Poser la voix dans les mains (Éditions des Vanneaux, 2015)« Waldrand  » sculpture de Lysiane Schlechter

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~ par schabrieres sur mars 26, 2017.

Une Réponse to “Michaël Glück – À l’orée de la parole…”

  1. « nous sommes
    idéogrammes de l’hiver »
    Nous sommes la trace de notre marche. Debout.

    Aimé par 1 personne

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