Gaston Miron – L’héritage et la descendance

Et ce fut lorsqu’il vint
un oiseau d’éternité
qui longtemps se changea en crépuscule

aujourd’hui cet oiseau
avec la mémoire venue d’ailleurs
il vole dans les pas de l’homme

derrière la herse des soleils

Inutile de rebrousser vie
par des chemins qui hantent les lointains
demain nous empoigne dans son rétroviseur
nous abîmant en limaille dans le futur déjà

et j’ai hâte à il y a quelques années
l’avenir est aux sources

(Où, quand ?) il arrive toujours même
qu’une femme émerge de sa blancheur
dans les parages de l’éternité passagère
malgré l’horizon plus bas que notre monde

le temps (lorsque) de naître
éphémère éternité

Par cet hiver qui exulte
dans la chasse-galerie des paroles
ici et là l’errance immobile
sur la trame de l’insu soudaine
où s’allume la lignée d’ancêtres

Dans le regard d’enfance
l’horizon du futur antérieur…

l’éternité aussi a des racines
éternité (éternité)
jusque dans l’héritage demain
ma Fou de bassan des yeux

dans l’âge plus nu
que la plus que pierre opaque

J’ai enfin rejoint mes chemins naturels
les paysages les bordant en sens contraire

j’avance quelques mots…
quelqu’un les répète comme son propre écho

dans la floraison du songe
Emmanuelle ma fille
je te donne ce que je réapprends

*

Heritage and the Descendant

And what was until it came
a bird of eternity
that has long changed into dusk

today this bird
with the memory come from elsewhere
flies in retracing steps of man

behind the harrow of suns

Useless to retrace one’s life
by paths that haunt the distance
tomorrow grasps us in its rearview mirror
ruins us in fillings in the already future

and I anticipate years to come
the future is from the source

(Where, when?) it happens always the same
as a woman emerges from her blankness
in the vicinity of fleeting eternity
in spite of the horizon lower than our world

the time (when) of birth
ephemeral eternity

by this winter that exults
in the “Flying Canoe” of words
here and there the stationary wandering
on the framework of sudden cunning
where ancestors’ lineage light up

In the eyes of childhood
the future earlier horizon…

eternity also has roots
eternity (eternity)
until in lineage tomorrow
my Northern gannet’s eyes

in the age barer
than the most opaque stone

I’ve finally rejoined my natural paths
the landscapes border them in a contrary way

I advance several words…
someone repeats them like their own echo

in the flowering of dreaming
Emmanuelle my daughter
I give you everything that I learn again.

***

Gaston Miron (Sainte-Agathe-des-Monts, Québec, 8 janvier 1928 – Montréal, Québec, 14 décembre 1996) –  Six courtepointes, 1954-1975, in L’homme rapaillé – Translated by Rebecca Newman

~ par schabrieres sur mars 31, 2017.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

 
À mes heurs retrouvés

“Elle dit aussi que s'il n'y avait ni la mer ni l'amour personne n'écrirait des livres.” Marguerite Duras

Luis Ordóñez

Realizador y guionista

Waterblogged

Dry Thoughts on Damp Books

Ana Maria Tomescu

< a nu atinge si totusi a iubi >

Rhapsody in Books Weblog

Books, History, and Life in General

Romenu

Over literatuur, gedichten, kunst en cultuur

Acuarela de palabras

Compartiendo lecturas...

Perles d'Orphée

Quelques larmes perlent sur l'âme d'Orphée : Musique - Poésie - Peinture - Sculpture - Philosophie

renegade7x

Natalia's space

Cahiers Lautréamont

Association des Amis Passés Présents et Futurs d'Isidore Ducasse

366 Weird Movies

Celebrating the cinematically surreal, bizarre, cult, oddball, fantastique, strange, psychedelic, and the just plain WEIRD!

Fernando Calvo García

Poeta con pasión

Lectures au coeur

Photographie et poésie

The Tragedy of Revolution

Revolution as Hubris in Modern Tragedy

Le Trébuchet

Chroniques par C. M. R. Bosqué

Book Around The Corner

Books I read. Books I want to share with you.

lyrique.roumaine

poètes roumains des deux derniers siècles

Anthony Wilson

The Year of Living Deeply

Messenger's Booker (and more)

Primarily translated fiction and Australian poetry, with a dash of experimental & challenging writing thrown in

Reading in Translation

Translations Reviewed by Translators

Diabolus In Musica

Lossless Classical Resources

Ricardo Blanco's Blog

Citizen of Nowhere

Digo.palabra.txt

Literatura para generaciones pixeladas

AFROpoésie

Le site des poésies africaines

La Labyrinthèque

Histoire de l'art jouissive & enchantements littéraires

Je pleure sans raison que je pourrais vous dire

« Je pleure sans raison que je pourrais vous dire, c'est comme une peine qui me traverse, il faut bien que quelqu'un pleure, c'est comme si c'était moi. » M. D.

L'Histoire par les femmes

L'Histoire par les femmes veut rappeler l’existence de ces nombreuses femmes qui ont fait basculer l’histoire de l’humanité, d’une manière ou d’une autre.

verseando

algunos poemas y otros textos

Traversées, revue littéraire

Poésies, études, nouvelles, chroniques

Le Carnet et les Instants

Le blog des Lettres belges francophones

Manolis

Greek Canadian Author

Littérature portes ouvertes

Littérature contemporaine, poésie française, recherche littéraire...

The Manchester Review

The Manchester Review

L'atelier en ligne

de Pierre Vinclair

fragm

secousse sismique travaillant l’épaisseur d’une lentille de cristal, cette fin du monde de poche s’exprimait tout entière dans la syllabe fragm, identique de “diaphragme” à “fragment”, comme une paillette pierreuse qu’on retrouve pareille à elle-même dans des roches de structures diverses mais dont les éléments principaux, de l’une à l’autre, demeurent constants (Michel Leiris)

Outlaw Poetry

Even when Death inhabits a poem, he does not own it. He is a squatter. In fact, Death owns nothing. - Todd Moore

Locus Solus: The New York School of Poets

News, links, resources, and commentary on poets and artists of the New York School, by Andrew Epstein

Encres désancrées --- Carla Lucarelli

Carnets décousus, Ecriture, Lectures, humeurs, élucubrations, travaux en cours, Images aimées, prises, empruntées

%d blogueurs aiment cette page :